Hydroliennes: le raz Blanchard n’est pas près d’être connecté

Le 01 février 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le Raz Blanchard affiche le plus gros potentiel hydrolien français.
Le Raz Blanchard affiche le plus gros potentiel hydrolien français.

Répondant à la commande printanière du gouvernement, le Réseau de transport d'électricité (RTE) vient de publier son étude sur la possibilité de raccorder les hydroliennes que les électriciens envisagent d’installer dans le raz Blanchard, au large du Cotentin, le site français ayant le plus gros potentiel hydrolien [JDLE].

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’affaire n’est pas gagnée. Géographiquement, tout d’abord. Le nord de la presqu’île du Cotentin est riche en espaces remarquables, au titre de la loi Littoral. «RTE n’a identifié que quelques zones restreintes propices à l’atterrage», concède le gestionnaire des réseaux de transport d’électricité (GRT).

Techniquement, ce ne sera pas du gâteau non plus. «Les zones propices à la production hydrolienne sont, par définition, le siège de courants marins importants et ont des fonds essentiellement rocheux. Ce contexte nécessite de recourir à des techniques complexes de pose et de protection des câbles», rappelle le GRT. De plus, et bien que desservant une centrale nucléaire bientôt dotée de trois réacteurs, les réseaux cotentinois ne sont pas dimensionnés pour accueillir une importante production d’électrons venue de la mer. «Au-delà de 2.500 mégawatts, il sera indispensable de renforcer le réseau 400 kilovolts par de nouveaux ouvrages.» Hypothèse très probable. Car des électriciens malins ont déjà déposé des demandes de raccordement «qui saturent l’essentiel des capacités disponibles». Ce qui engendre d’autres problèmes.

Financiers, tout d’abord. Selon les puissances à raccorder, le montant des travaux à réaliser varient du tout au tout: de 100 millions d’euros pour 250 MW jusqu’à plus de 600 M€ au delà de 1.500 MW. Et encore, les montants de ces devis ne tiennent pas forcément compte de possibles dérapages des coûts imputables à une guérilla juridique. Pour mémoire, 6 à 7 ans sont nécessaires pour mettre en service une nouvelle ligne à haute ou très haute tension.

Actuellement, deux projets de parcs sous-marins sont dans les cartons. Le premier se situe au large du cap de La Hague. Il prévoit l’installation de plusieurs centaines de mégawatts. Deux consortiums se sont déclarés intéressés à son développement: GDF Suez (qui utiliserait des machines allemandes Voith Hydro) et EDF Energies nouvelles, allié à DCNS, propriétaire du constructeur irlandais OpenHydro.

Le constructeur français de navires de guerre s’est par ailleurs rapproché d’Alderney Renewable Energy (ARE) pour réaliser une ferme hydrolienne de 3.600 MWe aux abords de l’île anglo-normande d’Aurigny, l’autre extrémité du raz Blanchard. En partenariat avec Transmission Capital et RTE, ARE envisage la réalisation d’un important «hub» électrique sous-marin. Un premier câble en courant continu de 1.800 MW évacuerait le courant vers Portsmouth (Royaume-Uni); un second, à courant alternatif et de même puissance, injecterait les électrons anglo-normands sur le réseau de RTE, à proximité de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche).



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