Hydrogène: mode d’emploi

Le 14 juin 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Seule l'Allemagne mettra prochainement en service des trains à l'hydrogène.
Seule l'Allemagne mettra prochainement en service des trains à l'hydrogène.
Alstom Transports

Mandatée par le Japon, l’agence internationale de l’énergie (AIE) recense, dans un rapport publié ce 14 juin, les conditions du succès d’une politique favorable au développement de l’hydrogène propre, un vecteur énergétique essentiel à la transition énergétique.

Parce qu’il est le seul vecteur énergétique à pouvoir décarboner des secteurs abonnés aux énergies fossiles (sidérurgie, transports, chimie, métallurgie, production d’engrais), l’hydrogène apparaît comme le grand espoir de la transition énergétique..

Les précieuses molécules de l’élément le plus répandu dans l’univers peuvent alimenter des piles à combustible, génératrices d’électricité et de chaleur et ne produisant que de l’eau comme résidus. L’hydrogène peut aussi directement se substituer au gaz naturel, réduisant d’autant les émissions de CO2 et de méthane de nos systèmes énergétiques. L’hydrogène peut enfin constituer une solution de stockage de l’énergie, notamment de l’électricité produite par des systèmes intermittents (éolien, solaire).

830 Mt CO2/an

Bref, pas un pays industrialisé qui n’évoquent l’hydrogène pour accélérer sa transition énergétique. Problème: ce gaz est, aujourd’hui, tout sauf l’ami de l’environnement. Issue du gaz et du charbon, sa production (70 Mt/an) est à l’origine de 830 millions de tonnes de CO2 par an: l’équivalent du bilan carbone du Royaume-Uni et de l’Indonésie réunis, estiment les experts de l’AIE.

Peut-on verdir l’hydrogène? Affirmatif, répondent-ils. A condition d’adapter les politiques publiques en conséquence. Et l’AIE d’appeler les parties prenantes à fortement développer les énergies renouvelables, de façon à en baisser le prix et conséquemment le coût de production de l’hydrogène vert. «Les coûts de production pourraient diminuer d’un tiers d'ici à 2030, grâce à la «baisse des prix des énergies renouvelables» et à «un changement d'échelle de la production d'hydrogène», estime l'agence basée à Paris.

gazoduc ou hydroduc?

Autre difficulté: le «lent développement des infrastructures empêche une généralisation de l’usage» de l'hydrogène, aujourd’hui massivement utilisé dans l'industrie. L'AIE recommande d'accélérer la création d'infrastructures de transport ou de favoriser l’utilisation de gazoducs existants.

L’institution de l’OCDE préconise aussi de concentrer la production d’hydrogène dans les grands ports, de façon à favoriser son commerce (comme celui du GNL), sa production et sa distribution.

Le distribuer, oui mais à qui ? La constitution de véritables corridors de l’hydrogène permettrait de développer des flottes de véhicules terrestres (camions, bus, autobus, véhicules légers). Le raccordement des unités de production aux gazoducs faciliterait la conversion des grands sites industriels.

Paré d’une piètre réputation depuis l’incendie du dirigeable Hindenburg (en 1937), l’hydrogène reste pénalisé par des réglementations très strictes encadrant son transport et son stockage, notamment. Des règles que l’AIE appelle à revoir et à harmoniser au niveau international.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus