Hydroélectricité: une option qui pose question

Le 23 janvier 2007 par Agnès Ginestet
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Le 16 janvier, le colloque «Développement durable: la réponse de l’hydroélectricité» a vanté les mérites de l’hydroélectricité. Mais les impacts environnementaux ne sont pas négligeables, et le potentiel de développement en France est discuté.

Déjà 10% de la production nationale d'électricité, une disponibilité rapide, et pas de rejets de CO2: au vu des différents discours prononcés lors du colloque organisé par l'Union française de l'électricité (UFE) et l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), l'hydroélectricité est une des solutions phares pour atteindre les objectifs de la loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique (loi Pope) (1): réduire les émissions de gaz à effet de serre de 3% par an et produire, d'ici 2010, 21% de l'électricité française à partir d'énergies renouvelables. Le but étant de trouver un équilibre entre cette loi et la loi sur l'eau et les milieux aquatiques (2) qui contient des mesures de protection de l'environnement. Ainsi, François Loos, ministre chargé de l'industrie, a déclaré dans son discours: «Notre politique énergétique a notamment comme ambition d'assurer la compétitivité des prix et la sécurité d'approvisionnement, tout en préservant l'environnement. L'hydroélectricité permet tout cela en même temps».

Mais pour Jean Wencker, vice-président de l'association Alsace Nature, l'impact environnemental ne se réduit pas aux seuls rejets de CO2. Perte du pouvoir auto-épurateur et augmentation de la température de l'eau, impact sur la faune piscicole: l'hydroélectricité a des conséquences. «L'hydroélectricité n'est pas propre et on l'a surexploitée en France. Le plus souvent, il y a une perte de continuité écologique. Il faut des dispositifs techniques spéciaux pour les poissons qui ont besoin de migrer. Aujourd'hui, tous les barrages ne sont pas équipés de passes, et il n'y a pas encore de solution pour les anguilles», explique Jean Wencker.

«Les barrages ont aussi des effets secondaires car les sédiments se déposent et font remonter le niveau de l'eau. Il n'y a donc plus de sécurité contre les crues», ajoute-t-il. Dans son discours de clôture, la ministre en charge de l'environnement Nelly Olin a indiqué: «Il me semble indispensable de renforcer les moyens de l'évaluation environnementale et surtout d'améliorer l'intégration de cette valeur au sein de l'analyse coût-bénéfice indispensable à la prise de décision sur un projet, que ce soit un renouvellement d'exploitation ou une installation nouvelle».

Datant de mars 2006, le rapport Dambrine a conclu que la France pouvait développer un potentiel de 7 térawattheures (TWh) par an à l'horizon 2015, soit 10% de plus que la production actuelle. 2 TWh concerneraient toutefois l'optimisation de l'existant. «Les chiffres du rapport nous paraissent raisonnablement tenables», a indiqué Jean-Louis Richard, président honoraire du Groupement des producteurs autonomes d'énergie hydraulique (GPAE). Mais Jean-François Astolfi, directeur de la division production et ingénierie hydraulique chez EDF, estime que peu d'ouvrages auraient un retour sur investissement satisfaisant. «La première priorité serait de s'intéresser à ce qui existe déjà et de sécuriser ces installations-là», a-t-il confié. Un avis que partage Jean Wencker: «En France, tous les sites qui ont un potentiel économique sont déjà équipés. On ne pourra pas faire plus que 4TWh».



(1) Loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique, J.O n° 163 du 14 juillet 2005 page 11570

(2) Loi n°2006-1772 sur l'eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006, JORF du 31 décembre 2006





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