Hydrocarbures: la Corse et la Sardaigne se lèvent contre des forages

Le 30 mai 2017 par Marine Jobert
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Bientôt une nouvelle plateforme en Méditerranée?
Bientôt une nouvelle plateforme en Méditerranée?
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Forer au large des côtes corses et sardes? Le projet refait surface, avec une campagne de prospection en cours, menée par un opérateur connu des opposants aux hydrocarbures. Le président de l’exécutif corse demande la sanctuarisation de la Méditerranée, fragile carrefour économique, touristique et écologique.

La Corse et la Sardaigne déclarent à nouveau la guerre aux hydrocarbures de la Méditerranée. Car au large de leurs côtes, de la latitude de Propriano (Corse) jusqu’à celle d’Oristano (Sardaigne), une étude géophysique est en cours. Un préalable à la demande de permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux que pourrait déposer le Norvégien TGS. A la tête des opposants, Gilles Simeoni, le président du conseil exécutif de la Corse, qui demande une interdiction totale de tout nouveau permis à l’échelle de la Méditerranée tout entière, en s’appuyant sur les accords pour le climat. «C’est une mer fermée, ce qui renforce le caractère impactant, voire irréversible de toute pollution. La profondeur des forages, les risques sismiques avérés en plusieurs points du bassin méditerranéen, accroissent les risques de catastrophe», écrit l’élu dans un communiqué.

Albert de Monaco sur le pont

Une riposte menée main dans la main avec son homologue sarde, pour que chacun interpelle son propre gouvernement. La Commission européenne va également être saisie par la Commission des îles de la Conférence des régions périphériques maritimes (CMRP) -dont Gilles Simeoni assure la présidence-, en vue «d’interdire les autorisations d'explorations pétrolifères en Méditerranée». Enfin, le prince Albert II de Monaco est appelé à la rescousse, car le sort du sanctuaire marin Pélagos situé tout près de la zone de prospection convoitée ne peut qu’inquiéter ce grand défenseur de la vie marine.

TGS, une vieille connaissance en Méditerranée

TGS, spécialisée dans l’acquisition des données géologiques dont sont friands les pétroliers pour savoir où positionner leurs plateformes, est déjà connu en Méditerranée: c’est à cette entreprise -battant alors pavillon britannique- que l’Etat français avait concédé le permis exclusif de recherche ‘Rhône Maritime’ en 2002. Une aire de près de 25.000 kilomètres carrés qui sera transférée en 2006 à Melrose Mediterranean Limited. En 2012, c’est un Nicolas Sarkozy échaudé par la bronca contre le gaz de schiste -et en campagne électorale- qui jure qu’il n’y aura aucun forage en Méditerranée. L’Etat ne donne donc pas suite à la demande de prolongation du permis ‘Rhône Maritime’ dont héritera Delphine Batho. Celle-ci soutient alors que le permis accordé est illégal puisqu’il touche une zone de protection écologique (ZPE) sur laquelle le gouvernement n’a aucun droit de souveraineté. Le Conseil d’Etat censure ce refus. Et c’est Ségolène Royal qui gèlera l’affaire en 2015, en instaurant un moratoire sur tous les permis en Méditerranée. Un moratoire qui «ne vaut que pour le plateau continental français», constate Gilles Simeoni, en souhaitant l’étendre à tout l’espace méditerranéen.



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