Hydrates de méthane, après l’espoir, la menace climatique

Le 21 mai 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Sous l'effet du réchauffement les hydrates pourraient relarguer du méthane.
Sous l'effet du réchauffement les hydrates pourraient relarguer du méthane.

Des chercheurs viennent de réaliser une première énergétique mondiale. Un mois durant, des techniciens américains et japonais ont réussi à produire du gaz naturel à partir d’un gisement d’hydrates de méthane, situé à près de 1.000 mètres de profondeur dans le permafrost de la région de North Slope (Alaska).

L’exploit réalisé par l’équipe réunie par le département de l'énergie américain (DOE), ConocoPhillips et Japan Oil, Gas and Metals National Corporation, est intéressant à plus d’un titre.

C’est la première fois que l’on extrait des chlarates sur une aussi longue période. Dans son communiqué, le DOE rappelle que lors de la précédente expérience, en 2008, du gaz n’avait été produit que pendant 5 jours seulement. Certains experts estiment que la perspective d’exploitation des hydrates de gaz changerait la géostratégie énergétique mondiale.

Les réserves annoncées de ce gaz naturel gelé sont, en effet, considérables. Selon les estimations du service géologique américain (USGS), les ressources de cette glace qui brûle pourraient satisfaire plusieurs siècles de demande mondiale de gaz, au rythme actuel de consommation.

Autre intérêt de l’expérience de cette fin d’hiver: la technique d’extraction. Imaginée par les pétroliers Chevron et Statoil, en partenariat avec l’université norvégienne de Bergen, elle consiste à injecter dans le puits un mélange gazeux essentiellement composé d’azote (N2) et de gaz carbonique (CO2). Au fond, le CO2 prend la place du méthane, dans la molécule de chlarate. Il ne reste plus qu’à aspirer le nouveau mélange et à séparer les deux gaz. Le dioxyde de carbone reste, quant à lui, piégé dans les bas-fonds; ce qui laisse entrevoir une possible technique de séquestration géologique du carbone.

A condition, bien sûr, que le permafrost et les grands fonds marins où l’on rencontre les hydrates de gaz, ne se réchauffent pas. Ce qui libèrerait dans l’atmosphère des quantités astronomiques de méthane, gaz à effet de serre au pouvoir de réchauffement global 25 fois supérieur à celui du CO2.

Cette hypothèse n’a rien de théorique. Dans un article à paraître dans Nature Geoscience, Katey Walter Anthony (université d’Alaska de Fairbanks) affirme avoir identifié par des campagnes de mesures aériennes et terrestres 150.000 sources d’émission de méthane, rien qu’en Alaska et au Groenland.



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