Hyderabad: après les objectifs, quelques moyens

Le 22 octobre 2012 par Stéphanie Senet
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La conférence s'est conclue dans la nuit du 19 au 20 octobre
La conférence s'est conclue dans la nuit du 19 au 20 octobre

Deux ans après les objectifs historiques conclus à Nagoya fin octobre 2010, la conférence d’Hyderabad (Inde) s’est conclue, dans la nuit du 19 au 20 octobre, par un accord financier pour protéger la biodiversité dans les pays en développement.

Plus de 180 pays se sont en effet engagés à doubler leur aide aux pays en développement d’ici 2015, afin d’atteindre les objectifs définis en 2010, comme le développement des aires protégées sur terre (17% des aires totales) et en mer (10% des aires marines et côtières), ou encore la restauration d’au moins 15% des écosystèmes dégradés à l’horizon 2020 (voir JDLE).

Ce doublement sera calculé à partir de la moyenne annuelle des financements relatifs à la biodiversité dans les pays en développement sur la période 2006-2010. Ce que cela représente? «Plusieurs estimations ont circulé pendant les négociations, notamment entre 6 et 8 milliards d’euros par an sur cette période», raconte Sandrine Bélier, eurodéputée spécialiste des questions de biodiversité. Cette évaluation des financements devait être lancée par les Etats parties au lendemain de Nagoya. «Mais au final, seulement 20 Etats l’ont réalisée, dont 15 dans l’Union européenne», observe-t-elle. L’objectif est de la développer avant la prochaine conférence des parties, qui se déroulera en Corée du Sud au cours du deuxième semestre 2014.

«L’effort international en faveur de la biodiversité est significativement renforcé. C’est, dans l’histoire, la première fois qu’est fixé un objectif financier international en faveur de la biodiversité», a déclaré la ministre française de l’écologie Delphine Batho. Le troisième volet des négociations de Nagoya, concernant la mobilisation des ressources, avait été reporté à la prochaine conférence.

A noter que ce nouveau financement devra se prolonger, au minimum, entre 2015 et 2020, selon l’accord signé à Hyderabad, qui ne précise aucun chiffre. S’il s’agit d’un progrès, il risque d’être faible par rapport aux réels besoins pour protéger la biodiversité dans le monde.

Il faut ainsi préciser l’évaluation des besoins nécessaires pour remplir les 20 objectifs de Nagoya, «qui seraient 4 à 8 fois supérieurs aux prévisions», déclare au JDLE Sandrine Bélier, qui cite une étude de l’Institut du développement durable et des relations internationales.

En contrepartie de ces financements, les pays en développement devront assurer un suivi des actions menées en faveur de la biodiversité.

La deuxième avancée majeure de l’accord touche les aires marines protégées. «Plus d’une cinquantaine de zones ont été identifiées comme sensibles en Europe, dans les Caraïbes, le Pacifique, et la Méditerranée», explique l’eurodéputée. A noter que l’Atlantique Nord n’est pas visé, en raison d’une opposition ferme de la Norvège et de l’Islande.

Cette liste représente un premier pas vers la création «d’un inventaire mondial des zones marines d’intérêt écologique et biologique, et plus largement d’un nouvel instrument juridique pour la haute mer», affirme le ministère français de l’écologie dans un communiqué.

Sandrine Bélier estime qu’il faut attendre sa mise en œuvre -qui repasse dans les mains des Nations unies, via la Convention sur la protection des milieux marins en ce qui concerne les aires marines méditerranéennes- avant de crier victoire. La Conférence sur la diversité biologique n’a en effet qu’une compétence scientifique en la matière, à savoir l’identification des zones les plus sensibles.

En France, le financement en faveur de la biodiversité dans les pays en développement s’est élevé à environ 190 M€ l’an dernier selon l'Agence française de développement (AFD). "Soit 50 M€ de plus qu’en 2010, mais près de trois fois moins que le financement allemand", précise Sandrine Bélier.



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