Huiles végétales pures et loi d'orientation agricole

Le 14 mars 2005 par Claire Avignon
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Tournesol
Tournesol

Lors de la dernière séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le député Stéphane Demilly a demandé au ministre chargé de l'agriculture de faire le point sur les huiles végétales pures, un biocarburant alternatif aux esters d'huiles végétales pour les moteurs diesel.

Déjà en octobre 2004, le député Jean Dionis du Séjour (UDF) avait demandé au ministre chargé de l'agriculture, Hervé Gaymard, d'inclure les huiles végétales pures (HVP) dans les biocarburants, lors de la discussion en deuxième lecture du projet de loi sur le développement des territoires ruraux. La demande du parlementaire avait été refusée. Le 8 mars, Stéphane Demilly (UDF) –président du groupe d'études sur les biocarburants– est revenu à la charge car, dit-il, «le monde agricole est très intéressé par ce carburant et veut que la réglementation soit clarifiée.» Comme l'indique Etienne Poitrat, du département bioressources de l'Ademe (1), «actuellement, les HVP ne répondent pas aux critères physico-chimiques des carburants, elles ne sont donc pas autorisées.» Conséquence: des agriculteurs qui produisent eux-mêmes leurs HVP à partir de leurs oléagineux (soja, tournesol, arachide…) se retrouvent dans l'illégalité. Le ministre chargé de l'agriculture, Dominique Bussereau, a donc annoncé que le ministère allait bientôt préciser les conditions d'utilisation de ces huiles en autoconsommation.

Mais le ministre est resté prudent sur son éventuelle défiscalisation. Car l'utilisation des HVP pose toujours problème. «Contrairement aux esters dont on connaît très bien les caractéristiques, nous n'avons que peu de références sur ces huiles, explique Etienne Poitrat. Des opérations de suivi sont en cours en Allemagne, mais nous n'avons pas encore les résultats.» Même si les HVP permettent théoriquement d'économiser des émissions de gaz à effet de serre, leur combustion produit des polluants (oxyde d'azote, dioxyde de soufre, monoxyde de carbone, etc.) qui ne répondent pas aux normes en vigueur. «Si la filière se développe, ce sera seulement pour un usage agricole, estime Etienne Poitrat. Et encore, il reste de nombreuses incertitudes concernant sa compatibilité avec les nouveaux tracteurs équipés d'injecteurs haute pression.»

Pour les agriculteurs, les HVP apparaissent particulièrement intéressantes, car elles leur permettraient d'être autosuffisants. En effet, ils peuvent eux-mêmes procéder à l'extraction de l'huile à partir de leur récolte. En outre, le procédé produit un résidu solide, le tourteau, qui peut être valorisé comme aliment riche en protéines pour les animaux. «Malgré les éventuelles difficultés liées au développement de la filière HVP, je ne lâcherai pas prise, indique Stéphane Demilly. Si l'Assemblée nationale n'avait pas tenu bon avec les biocarburants, nous n'aurions rien obtenu du gouvernement. Si la filière est porteuse, je m'emploierai à l'aider à se développer.»



(1): Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie




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