Huiles minérales: l'Efsa s'inquiète

Le 13 juin 2012
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Des huiles minérales dans la nourriture.
Des huiles minérales dans la nourriture.

Les huiles minérales pourraient constituer une menace potentielle pour la santé humaine aux doses d'exposition actuelles, estime l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) dans un rapport publié le 6 juin.

Produits de distillation de combustibles fossiles, dont le gaz et le charbon, ces huiles sont présentes aussi bien dans les emballages (papier et carton recyclé, encres, plastique, produits adhésifs) que dans les additifs, ceux de type E905 (de «a» à «d»). Autre source de contamination, les lubrifiants utilisés à l'usine comme pour les machines agricoles.

En bout de chaîne, le consommateur les retrouve dans de nombreux aliments, au premier rang desquels le pain et les céréales (pâtes, semoule, etc.), à des taux allant jusqu'à plusieurs centaines de milligrammes par kilo (mg/kg), frisant même le g/kg. Suivent la confiserie, les huiles végétales, les produits manufacturés à base de poisson, etc., tous entre 20 et 40 mg/kg.

Selon l'Efsa, les enfants de 3 à 10 ans seraient particulièrement exposés, avec une dose quotidienne comprise entre 0,068 et 1,7 mg/kg de poids corporel, chiffres environ deux fois plus élevés que ceux notés chez l'adulte.

Or les huiles minérales semblent loin d'être neutres pour l'organisme. Selon des travaux chez l'animal, celles de type saturé présenteraient une toxicité hépatique, tandis que certaines de type aromatique (celles aux chaînes carbonées les plus longues) agiraient comme promoteurs de tumeurs. Aux niveaux d'exposition observés, toutes présentent «un risque potentiel» pour la santé, estime l'Efsa.

Selon l'agence, c'est toute la gestion du risque qui doit être revue, notamment en identifiant les étapes au cours desquelles l'aliment peut être contaminé. Puis, éventuellement, en minimisant ces points de contact, par exemple en érigeant «des barrières fonctionnelles» entre l'aliment et tout emballage à base de papier recyclé.

Dans un communiqué de réaction, la Food Standards Agency (FSA), organisme britannique chargé de la sécurité des aliments, préfère souligner les «incertitudes» soulevées par les travaux de l'Efsa, estimant qu'il n'y a à ce jour aucun risque confirmé. Une manière de dire, comme elle l'avait fait en décembre lors de la publication de son propre rapport, qu'«il n'y a aucune raison de changer ses habitudes alimentaires». Tout en saluant les efforts de l'industrie pour réduire ce type de contamination.



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