Huile de palme: la moins pire des huiles végétales, selon l’IUCN

Le 27 juin 2018 par Marine Jobert
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L'Indonésie et la Malaisie en 1ère ligne.
L'Indonésie et la Malaisie en 1ère ligne.
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Si la population mondiale veut de l’huile végétale, mieux vaut que ce soit de l’huile de palme, estime l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Car cultiver des oléagineux dans les mêmes proportions impliquerait une consommation bien plus considérable de terres. Quant aux certifications, l’UICN les critique, mais encourage leur usage sur de nouvelles bases.

 

«L’huile de palme est là pour durer.» Et ce n’est peut-être pas ce qui peut arriver de pire à la faune et à la flore de la planète, argumente l’UICN dans le rapport qu’elle vient de consacrer à l’huile végétale la plus consommée au monde. Oui, sa production a «des impacts désastreux sur la biodiversité à une échelle mondiale». Oui, 193 espèces sont considérées comme menacées par la Liste rouge que tient à jour l’organisation mondiale (les orangs-outangs, les gibbons et les tigres étant parmi les espèces les plus affectées). Oui, les effets sur les sols, le recours aux pesticides, la qualité de l’eau, l’invasion de nuisibles[1] -bien qu’insuffisamment documentés- sont des fléaux pour la planète.

Colza, tournesol, soja

Mais quelles seraient les conséquences, demain, d’un mouvement de boycott ou d’interdiction de l’huile de palme? «Il n’existe pas de solutions simples, alerte Inger Andersen, la directrice générale de l’UICN. La moitié de la population mondiale [l]’utilise pour son alimentation [52% de l’huile de palme importée en Europe finit dans les réservoirs]; aussi si nous l’interdisons ou la boycottons, d’autres huiles, plus gourmandes en terres, prendront très certainement sa place.» Sachant que les autres cultures oléagineuses requièrent jusqu’à 9 fois plus de terres que l’huile de palme pour la même production, selon le rapport, le remplacement de cette dernière par d’autres cultures augmenterait significativement la surface terrestre totale utilisée pour la production d’huiles végétales afin de satisfaire la demande mondiale. Ce serait donc en évitant davantage de déforestation liée à l’huile de palme que l’on obtiendrait, et de loin, les plus gros gains pour la biodiversité.

Les certifications à revoir

 «Pour mettre un terme à la destruction, nous devons chercher à avoir une huile de palme exempte de déforestation, et veiller à ce que toutes les tentatives pour limiter l’utilisation de l’huile de palme soient renseignées par une compréhension scientifique solide des conséquences», estime Erik Meijaard, l’auteur principal du rapport et président du groupe d'études sur l’huile de palme de l’UICN. L’organisation préconise de prendre «de toute urgence» des mesures pour rendre la production d’huile de palme «plus durable», en veillant à ce que toutes les parties -gouvernements, producteurs et la chaîne d’approvisionnement- «respectent leurs engagements en matière de durabilité». Les certifications sont-elles le Graal? Non, estime l’UICN, qui considère que l’huile de palme certifiée «s’est avérée, jusqu’à présent, à peine plus efficace pour empêcher la déforestation que son équivalente non certifiée». Mais, nuance-t-elle, «l’approche est encore relativement nouvelle et possède un potentiel pour améliorer la durabilité».



[1] Ce rapport n’évalue pas les implications sociales et économiques de la production et de l’expansion des cultures de palmiers à huile.

 



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