Huile de palme: après l’orang-outan, le bonobo

Le 15 juillet 2014 par Romain Loury
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L'huile de palme, menace de plus pour le bonobo
L'huile de palme, menace de plus pour le bonobo
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Après l’Indonésie et la Malaisie, l’Afrique pourrait devenir le prochain terrain de jeu des industriels de l’huile de palme. Et là aussi, au détriment de l’habitat des grands singes, révèle une étude publiée dans la revue Current Biology.

Bien qu’originaire de l’ouest et du centre de l’Afrique, c’est principalement en Indonésie et en Malaisie que le palmier à huile a connu son envolée moderne. Selon le département américain à l’agriculture (USDA), sa production atteindra 62,35 millions de tonnes entre juin 2014 et juin 2015, dont 33,5 millions de tonnes venant d’Indonésie et 20,35 millions de tonnes de Malaisie.

En Afrique, c’est le Nigeria qui arrive en première position, avec 930.000 tonnes d’huile de palme produites sur cette période. Et ce n’est qu’un début: les producteurs se montrent très intéressés par le continent, notamment par ses régions occidentale et centrale. Depuis 2010, plusieurs associations, dont Greenpeace, se sont ainsi opposées à un mégaprojet au Cameroun, Herakles Farm, d’une superficie totale de 73.000 hectares dont 89% sur des forêts denses qu’il a fallu abattre.

Comme en Indonésie où les palmiers à huile menacent l’orang-outan, les plantations africaines pourraient constituer un danger de plus pour les grands singes, qui n’en manquent déjà pas, comme le révèlent Serge Wich, de l’Institut de biodiversité et de dynamique des écosystèmes à l’université d’Amsterdam, et ses collègues dans leur étude. Selon eux, 58,7% des plantations actuelles d’Afrique, et 42,3% des terres qui se prêtent à cette culture, se situent sur des zones où l’on trouve des grands singes.

Le bonobo le plus touché

C’est le bonobo, ou chimpanzé nain (Pan paniscus), qui a le moins de chance, avec 99,2% de son territoire situé en zone cultivable. Problème, c’est aussi lui dont l’habitat est le plus vulnérable, seules 8% de son habitat étant protégé. Les terres du gorille de l’Ouest (Gorilla gorilla) sont cultivables à 73,8%, celle du chimpanzé commun (Pan troglodytes) à 37,1% et celle du gorille de l’Est (Gorilla beringei) à 10,7%.

La situation est particulièrement critique dans plusieurs d’Afrique centrale, dont le Gabon, la République du Congo et la République démocratique du Congo («Congo-Kinshasa»), dont plus de 80% des zones convertibles en plantations se situent sur des terres à bonobos.

Sans être hostiles à ces nouvelles cultures, les chercheurs estiment qu’«il y a un besoin urgent de tracer des lignes directrices quant à l’expansion de l’huile de palme en Afrique, afin de minimiser ses effets négatifs sur les grands singes et la faune sauvage».

Selon eux, «une des options consisterait à ne développer cette industrie que sur des zones non forestières ou sur des terres dégradées, dans des zones où il n’y aurait pas de chevauchement avec les grands singes». Si nécessaire en abaissant les taxes sur ces emplacements. Autre possibilité, intensifier les cultures existantes: alors que les pays du Sud-Est asiatique produisent 16,9 tonnes d’huile de palme par hectare, les pays africains n’en sont qu’à 7,8 t/ha.



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