«Horsegate» britannique: la FSA s’engage à la transparence

Le 06 février 2013 par Romain Loury
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En cause, un fournisseur polonais de viande hachée
En cause, un fournisseur polonais de viande hachée

L’agence britannique chargée de la sécurité des aliments, la Food Standards Agency (FSA), s’engage à publier tous les résultats d’analyse ADN de la viande, après la révélation de plusieurs affaires laissant planer des doutes quant à la traçabilité de la viande.

Tout a commencé mi-janvier en Irlande, après la découverte d’ADN de cheval et de porc dans des steaks hachés de bœuf vendus dans plusieurs grandes surfaces. La polémique s’est étendue au Royaume-Uni, où ces produits étaient également vendus (voir le JDLE). Après enquête, il s’est avéré que c’était un fournisseur polonais de viande hachée -et non espagnol ou néerlandais comme initialement annoncé- qui était responsable de la contamination.

Or une affaire similaire vient d’être révélée le 1er février par le ministère britannique de la justice, qui a identifié de l’ADN de porc dans des tartes à la viande et des pâtés, pourtant étiquetés halal, écoulés dans des prisons d’Angleterre et du Pays de Galles. Une situation jugée «inacceptable» par la FSA, qui s’est réunie lundi 4 février avec les industriels de la viande.

Résultat: la FSA «a convenu avec l’industrie alimentaire de publier les résultats des analyses de l’industrie de la viande, afin de fournir une image plus claire des normes dans la chaîne alimentaire. Les résultats seront également mis à la disposition du public», annonce-t-elle dans un communiqué. Prochaine étape: «un plan normalisé de prélèvements et un système d’analyse qui sera conforme aux normes accréditées, afin de tester la présence d’ADN à un taux agréé».

Mise à mal par ces polémiques, la traçabilité britannique en a pris un autre coup fin janvier, avec les révélations de la députée Mary Creagh, en charge des questions d’environnement dans le shadow cabinet de l’opposition travailliste. En cause, une contamination en 2012 de viande de cheval par la phénylbutazone, médicament anti-inflammatoire dont la présence est interdite dans la chaîne alimentaire.

Selon la FSA, qui avait bien identifié le cas lorsqu’il est survenu, 8 carcasses de chevaux sont concernées, dont 5 ont été expédiées en France. Les 3 autres sont restées au Royaume-Uni, la FSA assurant qu’elles n’y sont pas entrées dans la chaîne alimentaire -et qu’elles n’étaient d’ailleurs pas destinées au marché britannique.

La France a bien été alertée de ces cas: le système européen d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) porte en effet trace de 5 notifications en 2012. Interrogée par Le Figaro, la Direction générale de l’alimentation (DGAL) indique que ces alertes lui seraient parvenues trop tard, alors que la viande avait déjà été écoulée et consommée.

La FSA ne s’explique pas quant aux raisons de ces exportations. Ce n’est pourtant pas la première fois que le Royaume-Uni envoie en France de la viande de cheval assaisonnée à la phénylbutazone: le RASFF comporte ainsi 2 alertes similaires en 2006, 1 en 2007 et 5 en 2010. Et 2013 s’annonce bien, avec une nouvelle alerte signalée mardi!

 



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