Hongrie : catastrophe écologique suite à un accident industriel

Le 06 octobre 2010 par Sabine Casalonga
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Lundi 4 octobre, la rupture d’un réservoir dans une usine de bauxite-aluminium de la ville d'Ajka, à l'ouest de Budapest, a déversé quelque 1,1 million de mètres cubes de boue toxique sur 7 villages avoisinants, faisant 4 morts et 123 blessés, selon un bilan provisoire.

Le gouvernement hongrois a déclaré mardi l'état d'urgence dans trois départements de l'ouest du pays, menacés par l’inondation de boue toxique. Les dommages sont chiffrés entre 5 et 10 millions d'euros, d'après de premières estimations officielles.

Le secrétaire d'Etat à l'environnement, Zoltan Illés, a jugé mardi qu'il n'y avait jamais eu de « catastrophe écologique » aussi grave en Hongrie, selon l’AFP. Selon un responsable de la gestion des eaux, la boue pourrait atteindre, d'ici 4 ou 5 jours, le Danube, deuxième plus long fleuve d'Europe après la Volga. D'ores et déjà, « une catastrophe a eu lieu, puisque le ruisseau Torna, dans lequel s'est déversée la boue, se jette dans la rivière Marcal, qui se déverse dans la Raab, laquelle est elle-même un affluent du Danube », a-t-il dit.

Les pays situés en aval de la Hongrie, comme la Serbie, la Croatie, et la Roumanie, ont renforcé les contrôles des eaux afin de réagir à toute pollution éventuelle. « Il est très difficile d'évaluer pour l'instant l'impact de cette catastrophe sur le Danube car nous ne connaissons pas les chiffres de la concentration des substances polluantes dans les eaux en Hongrie, ni même exactement leur nature », a toutefois déclaré à l'AFP Orieta Hulea, directrice du programme sur l'eau dans la région danubienne pour le WWF.

La boue rouge est un résidu toxique de la production d'aluminium, composé d'éléments nocifs comme le plomb et très corrosif, notamment pour la peau, provoquant de graves lésions, notamment des brûlures.

Les experts tâchent de neutraliser l'effet corrosif de la boue principalement avec du plâtre. Selon eux, la boue rouge va rendre stérile une bonne partie du sol avec lequel elle est entrée en contact - sur une superficie d'environ 40 kilomètres carrés - et tuer les poissons dans la Marcal. Déjà, des centaines de poissons morts flottent dans la rivière, a constaté un photographe de l'AFP.

La société de production d'aluminium (MAL) a affirmé dans un communiqué avoir observé toutes les règles de sécurité. Mais, selon Zoltan Illés, MAL aurait entreposé trop de boue rouge dans le réservoir qui pourrait avoir cédé à cause d'une surcharge. Cette hypothèse est partagée par le Premier ministre, et par Greenpeace-Hongrie.

En 2000, la Roumanie avait connu une catastrophe écologique, qualifiée à l'époque de « deuxième Tchernobyl », lorsque plus de 100.000 mètres cubes d'eau mélangée à du cyanure s'étaient déversés d'un lac de décantation d'une mine d'or de Baia-Mare (nord). Le Danube avait été gravement pollué.



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