Homère Simpson travaille-t-il à Sellafield?

Le 04 octobre 2005 par Enerpresse
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«Homère Simpson travaille à Sellafield». Ce titre de chapitre volontairement provocateur -reprenant le nom du personnage de dessins animés américain, roi de la catastrophe- est issu d’un rapport interne sur le site exploité par British Nuclear Fuels (BNFL), dont The Independent on Sunday a eu connaissance.

Un document qui s'attache notamment au sort de l'installation de vitrification des déchets (WVP, en initiales anglaises) qualifiée de «potentiellement dangereuse» et qui, en l'état actuel, «devient difficile à conduire de manière satisfaisante». Jusque-là, sa gestion était citée en exemple outre-Manche. L'audit dévoile «un catalogue de pratiques douteuses», dont des mesures de sabotage et de sûreté prises sur des «conjectures». Le rapport ajoute que «la base des contrôles scientifiques de l'usine repose au mieux sur des interprétations et au pire sur des suppositions». Et de poursuivre : «des câbles utilisés pour le contrôle ont été coupés sur certains robots de boîtes à gants vitaux pour la WVP, des fûts destinés aux déchets solides vitrifiés ont été accidentellement remplis d'effluents liquides hautement radioactifs, des erreurs dans les systèmes de sûreté n'ont pas été répertoriées de manière satisfaisante, l'usine a été tellement gérée avec des objectifs de productivité qu'il devient difficile de l'exploiter correctement».

Enfin, le document signale qu'un tiers des fûts vitrifiés il y a 3 ans ne serait pas aux normes fixées pour leur expédition vers le pays d'origine. L'hebdomadaire révèle que la situation était telle que le gouvernement, actionnaire de BNFL, a même contraint l'exploitant à se rapprocher de ses concurrents français de Cogema, afin d'étudier les mesures à prendre pour améliorer la gestion. Cette fuite dans la presse anglaise survient au moment où le gouvernement de Tony Blair annonce qu'il procède à la n-ième revue de sa politique énergétique; le ministre chargé de l'industrie Alan Jonhson annonçant même ce week-end une décision sur la construction de nouveaux réacteurs anglais dès 2006 (cf. p 3). Et un rapport très critique vis-à-vis de la perte de sûreté: elle est attribuée majoritairement à un contexte concurrentiel alors que Londres devrait mettre sur le marché BNG, avec, selon les syndicats, les craintes d'une réduction de personnel de moitié. BNFL a rejeté en bloc ces accusations, signalant que depuis 2 ans la sûreté est sa priorité.




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