Hollande à la suite de Sarkozy

Le 20 septembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Hollande affirme avoir lu les bonnes feuilles du nouveau rapport du Giec
Hollande affirme avoir lu les bonnes feuilles du nouveau rapport du Giec

François Hollande a fait un aveu aux participants de la Conférence environnementale. Oui, il a bien lu, en avant-première, «les bonnes feuilles» du 5e rapport d’évaluation que le Giec[1] doit publier en fin de semaine prochaine.

Cette lecture lui conseille l’offensive diplomatique. Dans les prochaines semaines, le Quai d’Orsay va donc s’agiter pour que la France décroche l’organisation de la 21e Conférence des parties à la convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques (COP). Pour le moment, elle n’est que candidate. Et seule la COP, qui se tiendra en novembre en Pologne, a le pouvoir de déterminer le pays-hôte du sommet climatique de 2015: celui où, en principe, doit être conclu «un accord qui engagera toutes les parties prenantes sur un objectif de limitation des émissions de gaz à effet de serre pour contenir l’élévation des températures en deçà de 2°C à l’horizon de 2100», souligne le président de la République.

Un objectif sacrément ambitieux puisqu’il nous contraint, collectivement, à ne pas émettre plus de 1.300 milliards de tonnes de carbone entre 1750 et la fin de ce siècle. Or, plus de 500 Mdt ont déjà été émises. Dit autrement, on peut encore consommer les réserves connues de pétrole et de gaz, mais laisser dans le sous-sol les milliards de tonnes de charbon.

 

Le chaud et le froid

A l’évidence, la diplomatie française va donc devoir souffler le chaud et le froid avec ses partenaires. Lors du prochain Conseil européen de mars 2014, elle tentera de faire avaliser par les Vingt-huit l’objectif de réduire de 40% les émissions de GES communautaires entre 1990 et 2030. Difficile à admettre pour les pays très dépendants des énergies fossiles (Pologne, République tchèque, pays baltes, etc.). Mais argument de poids pour que l’Europe fasse accepter des réductions contraignantes d’émission aux grands pays émergents. Faute de quoi François Hollande reprend l’idée (lancée en son temps par son prédécesseur) d’un mécanisme d’inclusion carbone ou plus simplement d’une taxe carbone sur les produits importés par l’Union européenne.

 

Europe vs. Australie

Poursuivant encore la politique (mollement) initiée par Nicolas Sarkozy, François Hollande veut construire une communauté européenne de l’énergie. Derrière ce vocable se cache l’achèvement du marché unique de l’électricité (initié en 2000), le développement des interconnexions électriques (il faut 10 ans pour tirer une ligne à haute tension), le soutien à la recherche communautaire sur les «technologies les plus innovantes». Sans oublier la restauration du marché des quotas d’émission de GES. Ce qui promet, encore, de sérieux bras de fer entre les diplomates français et polonais. Et peut-être australiens, si Canberra s’entête à vouloir saborder son propre marché du CO2, désormais lié à l’européen.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur lévolution du climat

 



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