Hinkley Point: l’autorité de sûreté… britannique s’inquiète

Le 26 mars 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les travaux avancent vite sur le chantier de Hinkley Point C.
Les travaux avancent vite sur le chantier de Hinkley Point C.
EDF Energy

Après une série d’inspections, en France et au Royaume-Uni, l’Office for Nuclear Regulation (ONR) estime que la filiale d’EDF en charge de la construction de la prochaine centrale nucléaire britannique n’a pas tiré toutes les conclusions du scandale Creusot Forge.

A la fin de l’automne dernier, l’ONR a mené une série d’inspections chez certains industriels français, sur les deux rives du Channel. Normal, ceux-ci sont impliqués dans la construction des deux réacteurs EPR d’Hinkley Point C, la prochaine centrale nucléaire britannique. Rien de plus normal que l’équivalent britannique de l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) se fasse sa propre opinion sur la manière dont on gère la qualité chez EDF et ses futurs fournisseurs, tel Creusot Forge.

Le rapport de l'ONR

Aujourd’hui propriété d’EDF, le producteur d’équipements lourds (cuve et couvercle de réacteurs, générateurs de vapeur) a été convaincu d’avoir falsifié, des décennies durant, un grand nombre de dossiers portant sur la qualité des pièces forgées pour le compte de nombreux industriels.

The Guardian s’est procuré le rapport final de la mission de l’ONR. Et ses conclusions ne sont pas tendres avec EDF et sa nouvelle filiale.

Gestion de la qualité

Au premier, les gendarmes du nucléaire britanniques reprochent à l'électricien de ne pas avoir détecté suffisamment tôt les dysfonctionnements de Creusot Loire. «Le manque de procédures d’assurance qualité internes est décevant, car il aurait pu permettre la détection de nombreux défauts», note Mark Foy, l’inspecteur en chef de l’ONR.

Ce n’est d’ailleurs pas seulement un problème de procédure. Le régulateur peine à trouver les responsables de l’assurance qualité au sein de Nuclear New Build Generation Company (NNB GenCo), la filiale d’EDF Energy en charge de la construction des deux EPR britanniques. Ce qui explique peut-être pourquoi le maître d’ouvrage d’Hinkley Point C n’a pas tiré tous les enseignements relatifs au scandale de Creusot Forge: «Aucune preuve n’a été fournie durant l’inspection que NNB GenCo a intégré les enseignements des problèmes associés aux défauts constatés à Creusot Forge», lit-on dans le rapport de l’ONR.

Surveillance renforcée

Côté Creusot Forge, la douzaine d’inspecteurs britanniques constatent que le programme d’amélioration de la gestion de la qualité est en cours de déploiement, mais qu’il devra faire ses preuves. Les Britanniques comptent d’ailleurs sur les équipes du Centre d’expertise et d’inspection dans les domaines de la réalisation et de l’exploitation d’EDF pour y veiller.

Si le forgeron bourguignon a été autorisé, le 25 janvier dernier, à reprendre sa production, l’installation du Creusot reste toujours sur la ‘surveillance renforcée’ de l’ASN.



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