Hinkley Point C: l’EPR britannique dérape à son tour

Le 26 septembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le chantier va bon train.
Le chantier va bon train.
EDF Energy

EDF Energy a annoncé que les deux tranches nucléaires en construction seront plus chères que prévu.

Vous avez aimé le feuilleton de l’EPR finlandais d'Olkiluoto? Vous vous délectez de sa variante de Flamanville? Vous adorerez sa version britannique. Ce mercredi 25 septembre, EDF Energy a publié une nouvelle estimation des coûts de construction de sa centrale nucléaire de Hinkley Point C (Somerset, sud-ouest de l’Angleterre).

Le résultat des nouveaux calculs de la filiale britannique de l’énergéticien français indique que le montant de la facture des deux réacteurs EPR sera compris entre 21,5 et 22,5 milliards de livres (entre 24,3 et 25,4 milliards d’euros), soit 2 à 3 milliards livres (2,2 et 4 Md€) de plus que prévu.

contrôle-commande

Cette inflation est imputable, explique la compagnie, par les difficultés rencontrées par les entreprises de terrassement (la roche est dure !) et l’adaptation du contrôle-commande du réacteur franco-allemand aux normes britanniques. Ce dernier point n’est pourtant pas une surprise. Voilà une dizaine d’années que les autorités de sûreté britanniques réclament une adaptation du système de pilotage du réacteur européen.

Contractuellement, EDF Energy ne pourra augmenter le prix de vente du MWh produit par les deux tranches. Conséquence directe: le taux de rentabilité de la future installation, initialement fixé à 9%, puis à 8,5% en 2017, se situe désormais entre 7,6 et 7,8%, indique EDF Energy. Pour le moment. Dans un entretien accordé, mercredi, à la BBC, Paul Spence, le stratège d’EDF Energy, n’a pas écarté de nouveaux surcoûts à venir.

Au mieux, Hinkley Point C n’injectera pas ses premiers électrons avant 2025, avec 15 mois de retard sur le planning initial.

Hasard du calendrier, c'est au moment où EDF Energy commence à peiner pour construire ses deux premiers EPR que sa maison-mère lance les opérations préliminaires à la construction d'une paire d'EPR de nouvelle génération. Vendredi 20 septembre, EDF a publié, dans le Journal officiel officiel de l'UE (TED) un appel d'offres portant sur la réalisation du génie civil de deux réacteurs EPR 2, une version "allégée de l'EPR" qui n'existe que dans les cartons de Framatome. L'appel d'offres précise que le lieu de construction est l'un des "sites nucléaires en exploitation en France." Au bas mot, il s'agira de couler 800.000 m3 de béton. Selon BFM Business, il pourrait s'agit du site de Penly, en Seine-Maritime.

 



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