Hiatus climatique, cette fois, ce sont les volcans

Le 24 février 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les volcans contribuent à ralentir le réchauffement climatique.
Les volcans contribuent à ralentir le réchauffement climatique.
USGS

Les climatologues sont décidément pleins de ressources. L’un des grands problèmes encore résolus est celui du hiatus climatique. En deux mots: depuis une quinzaine d’années, la température n’augmente plus à la surface du globe au même rythme que les rejets de gaz à effet de serre (GES). Régulièrement, la communauté scientifique propose de nouvelles explications à ce phénomène qui fait la joie des climato-sceptiques.

Dans le désordre, les climatologues mettent en avant la non-linéarité du changement climatique, un formidable stockage d’énergie par l’océan, une surestimation de l’impact «réchauffant» de certains nuages ou la variabilité naturelle du climat.

Deux chercheurs de l’institut Scripps d’océanographie de San Diego ont récemment fait le lien entre «hiatus climatique» et le récent refroidissement des eaux superficielles de la partie équatoriale de l’océan Pacifique oriental. Ce rafraichissement pouvant être imputable au renforcement des alizés observé depuis une décennie, a suggéré Matthew England (université de Nouvelle Galles du Sud, Australie).

Ce n’est pas tout. Dans un article publié le 23 février par Nature Geoscience, une équipe internationale dirigée par Benjamin Santer (Lawrence Livermore National Laboratory) propose un autre coupable: les volcans.

Depuis les explosions d’El Chichon en 1982, et du Pinatubo en 1991, les chercheurs savent que les éruptions volcaniques projettent dans l’atmosphère d’astronomiques quantités de dioxyde de soufre. Ces particules soufrées renvoient vers l’espace une partie de l’énergie solaire, contribuant ainsi à «ralentir» le réchauffement. Or, soulignent les chercheurs américains et canadiens, la terre a été secouée par 17 petites éruptions[1] depuis le début des années 2000. Faut-il voir là l’origine du hiatus?

Pour en avoir le cœur net, les scientifiques ont examiné les courbes de températures et de concentrations de particules dans la troposphère réalisées par satellite: identiques. Ils ont ensuite débarrassé les évolutions de la température des anomalies climatiques, comme celles imputables à El Niño-oscillation australe (Enso).

Conclusion: en y «injectant» les concentrations de particules mesurées par les satellites (+4 à 7% par rapport à la normale), les modèles climatiques recrachent une évolution des températures en tout point comparable à celles relevées depuis le début du siècle.

Dans le premier tome de son 5e rapport d’évaluation, le Giec[2], s’appuyant notamment sur un article de Susan Solomon (MIT et co-auteure de l’étude de Benjamin Santer) affirmait que le forçage radiatif des éruptions volcaniques, sans pouvoir être estimé avec une grande précision, était clairement négatif.

 

 



[1] L’impact climatique de l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull, en 2010, est 10.000 fois moindre que celui du Pinatubo.

[2] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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