HFC: un nouveau succès dans la lutte contre le réchauffement

Le 25 juillet 2016 par Romain Loury
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Rendez-vous mi-octobre à Kigali
Rendez-vous mi-octobre à Kigali

La communauté internationale s’apprête-elle à se détourner des hydrofluorocarbures (HFC)? Lors d’une réunion en octobre à Kigali (Rwanda), elle pourrait s’engager vers leur élimination totale, en vertu d’un amendement au protocole de Montréal. Les dernières négociations, qui se sont achevées samedi 23 juillet à Vienne, ont été fructueuses.

Signé en 1987, le protocole de Montréal a permis la quasi-élimination mondiale des chlorofluorocarbures (CFC), émis par la climatisation et les aérosols, et présents dans les mousses isolantes. Trente ans plus tard, ces efforts ont payé: la «couche» d’ozone stratosphérique est très clairement en voie de cicatrisation. Cependant, les CFC ont été remplacés par les HFC, sans effet notable sur l’ozone, mais dont le pouvoir de réchauffement global (PRG) est, en moyenne, 1.300 fois plus élevé que celui du dioxyde de carbone. Les 500.000 tonnes de HFC relâchées chaque année dans le monde équivalent ainsi à l’émission de près de 1 milliard de tonnes équivalent CO2 (MdteqCO2).

Or les HFC sont les gaz à effet de serre qui connaissent la croissance la plus rapide, d’environ 10% à 15% par an. En cause, la ruée vers la climatisation, notamment en Chine et en Inde: d’ici à 2030, 700 millions de nouveaux climatiseurs pourraient être installés dans le monde, 1,6 milliard d’ici à 2050 –date à laquelle les HFC pourraient constituer 20% de l’ensemble des gaz à effet de serre en PRG. Selonl’Institut pour la gouvernance et le développement durable (IGSD), l’élimination des HFC permettrait d’atténuer la hausse de température de 0,1°C en 2050 et de 0,5°C en 2100 –l’Accord de Paris, signé mi-décembre 2015, s’engage sur une hausse d’au maximum 2°C.

Plus de pays réfractaire

D’où l’idée d’inclure aussi les HFC dans le protocole de Montréal par voie d’amendement, projet qui pourrait voir le jour lors de la 28ème réunion des parties audit protocole, qui se tiendra du 10 au 14 octobre à Kigali. Ce qui permettrait rapidement de limiter la montée du thermomètre mondial. Le projet semble en très bonne voie, après les fructueuses négociations, les dernières avant Kigali, qui se sont déroulées du 15 au 23 juillet lors d’une réunion exceptionnelle des parties à Vienne. Si cette inscription des HFC aboutissait, elle constituerait le plus grand succès climatique après l’Accord de Paris.

Au cours d’une rencontre avec les athlètes philippins qui participeront aux JO de Rio, le président Rodrigo Duterte a indiqué qu’il n’honorerait pas les accords internationaux obligeant l’archipel à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. La contribution volontaire nationale (NDC) prévoit que les Philippines abattent leurs rejets carbonés de 70% en 2030, par rapport à un scénario tendanciel.

«Tous les pays sont désormais engagés dans la négociation et ont livré leur proposition: il n’y a plus de pays réfractaire, c’est la première fois que la négociation porte sur le fond, notamment sur un calendrier», observe la juriste Maxime Beaugrand, représentante pour la France de l'IGSD, contactée par le JDLE.

Pays industrialisés: gel à partir de 2021

Position la plus ambitieuse, les Etats-Unis, l’Union européenne, le Japon et les pays africains proposent un gel de leur croissance (à savoir un pic d’émissions) de HFC en 2021. Comme à son habitude, l’Inde traîne des pieds, estimant qu’elle ne l’atteindra qu’en 2031. Entre les deux, la Chine et le Pakistan évoquent 2025-2026, tandis que le groupe contenant la Malaisie, l’Indonésie, l’Argentine et le Brésil penche pour 2025. Les Pays du Golfe parlent plutôt de 2028, et l’Iran, isolé comme l’Inde, avance la date de 2029.

Comme pour l’Accord de Paris, signé mi-décembre lors de la COP21, se pose également la question des financements. A Vienne, les pays industrialisés se sont clairement engagés à aider les pays en développement à effectuer cette transition. Reste à déterminer les montants à engager, qui pourraient être décisifs dans l’ambition de l’accord. Ces subventions seraient alors versées via le Fonds multilatéral du protocole de Montréal.

D’un point de vue technique, la transition peut être rapide: «une centaine de produits alternatifs sont en développement, ils sont plus efficaces énergétiquement, et disposent aussi d’un moindre PRC. Le protocole envoie un signal au marché, et celui-ci peut embrayer très vite», explique Maxime Beaugrand.



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