Hérisson des villes versus hérisson des champs

Le 24 décembre 2010 par Célia Fontaine
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le hérisson des villes hiberne moins longtemps car la ville offre plus d’aliments disponibles en permanence et une température plus élevée.
le hérisson des villes hiberne moins longtemps car la ville offre plus d’aliments disponibles en permanence et une température plus élevée.

La ville de Nantes a lancé, en novembre 2009, une étude sur le cheminement du hérisson d’Europe en ville, en collaboration avec l’Ecole nationale vétérinaire de Nantes. Excellent indicateur de biodiversité, le petit animal n’a pas déserté le milieu urbain, grâce aux corridors écologiques, révèlent les résultats de l’observation publiés le 15 décembre dernier.

 Pendant 10 mois, le comportement du hérisson (Erinaceus europaeus), sa manière de se déplacer, de se comporter et les dangers auxquels il est exposé en ville ont été analysés par la ville de Nantes, avec le concours financier de Nantes Métropole Aménagement.

Ce mammifère insectivore est considéré comme une « espèce parapluie » en paysage urbain. Ce qui signifie que sa présence garantit celle de nombreuses autres espèces (comme la fouine ou l'écureuil), « de telle sorte que favoriser ses déplacements et entretenir la fréquentation d’un espace par le hérisson revient à protéger l’ensemble du biotope associé », précise le Centre vétérinaire de la faune sauvage et des écosystèmes de l’Ecole vétérinaire de Nantes.

L’étude dresse un portrait du hérisson « des villes » différent du hérisson « des champs ». « En effet, le hérisson des villes hiberne moins longtemps car la ville offre plus d’aliments disponibles en permanence et une température plus élevée », explique le communiqué du 15 décembre. Il s’avère également qu’il est plus actif à certains moments de la journée (notamment au petit matin), s’étant adapté aux réalités urbaines : moins de trafic, moins de piétons. Enfin, le hérisson des villes est un peu « paresseux », a-t-on constaté. Il parcourt beaucoup moins de distance que le hérisson des champs, plutôt autour de 300 mètres que d’un kilomètre.

Près de 50 hérissons ont été observés dans les deux quartiers étudiés[1]. « Ces chiffres confirment bien la présence relativement importante des hérissons sur ces deux quartiers, et par conséquent, confirme la biodiversité dans une ville comme Nantes », estime la Ville.

Il est donc possible, grâce à cette étude, de définir des zones d’habitat favorables pour cette espèce, à savoir « des zones résidentielles où alternent des maisons individuelles avec jardins et des pelouses ponctuées de bosquets plus ou moins denses ». La ville de Nantes a relevé les conditions à réunir pour rendre le milieu favorable à la présence du hérisson en ville : un espace de biodiversité d’entrée fort dans le quartier (un seul peut suffire à la condition qu’il soit important), une continuité entre des espaces engazonnés protégés de la circulation et les jardins privatifs, une continuité d’abris (tas de bois, haies…), ou encore l’absence de barrières artificielles majeures (double grillage, réseau routier dense, etc.). Les corridors écologiques ont donc une réelle utilité.

Pour mémoire, ces corridors sont un des éléments de la Trame verte et bleue, mesure-phare du Grenelle de l’environnement (dans le JDLE). Cet outil d’aménagement du territoire vise à (re)constituer un réseau écologique cohérent, à l’échelle du territoire national, pour permettre aux espèces animales et végétales de circuler, de s’alimenter, de se reproduire, de se reposer... En d’autres termes, d'assurer leur survie. « Les continuités écologiques correspondent à l'ensemble des zones vitales (réservoirs de biodiversité) et des éléments (corridors écologiques) qui permettent à une population d'espèces de circuler et d'accéder aux zones vitales », explique le ministère de l’écologie sur son site. La Trame verte et bleue est ainsi constituée des réservoirs de biodiversité et des corridors qui les relient.

L’étude montre également que les habitants sont prêts à s’engager en matière de biodiversité, surtout pour aider le hérisson, qui dispose d’un capital sympathie important. Certains n’hésitent pas à s’engager concrètement à l’échelle de leur jardin - que ce soient des jardins d’agrément ou des jardins potagers - ou au sein des jardins familiaux de la Ville. En France, le hérisson est un animal sauvage protégé, sa détention est donc strictement interdite par la loi de 1976 sur la protection de la nature.

« Cette étude conforte donc la Ville de Nantes dans son choix de promouvoir les pratiques du jardinage écologique au sein des jardins individuels », résume la Ville. Une « Charte nantaise des jardins collectifs » existe déjà depuis le mois de septembre dernier. Elle s’adresse à toutes les associations nantaises ou groupes d’habitants qui souhaitent cultiver des jardins collectifs, ou promouvoir les pratiques de la culture biologique sur le territoire de la Ville. « Il s’agit de démultiplier l’objectif « zéro produits phytosanitaires » assigné à la collectivité, de diffuser l’exemplarité au plus près du territoire. »

Le travail de terrain qui a eu lieu sera renforcé au premier semestre 2011, afin « d’augmenter le nombre de données de marquage et de recapture pour affiner le déplacement du hérisson », peut-on lire dans le communiqué. La poursuite de l’étude va notamment permettre d’évaluer l’exposition des hérissons aux insecticides, ses ressources alimentaires, et enfin, de renforcer le volet pédagogique et la sensibilisation sur la biodiversité auprès du public.

 

 

[1] Vallon des Dervallières au sein du quartier Zola-Dervallières et la ZAC Erdre-Porterie, au sein du quartier Saint Joseph de Porterie



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