Herbicides: l’Efsa accusée de «fuite en avant»

Le 02 septembre 2016 par Romain Loury
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Vers de fréquentes dérogations?
Vers de fréquentes dérogations?
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En matière d’herbicides, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) se réfugierait dans «une fuite en avant», poussant à multiplier les dérogations accordées à des produits non autorisés en raison de leur toxicité, ont dénoncé le Pesticide Action Network (PAN) et Générations futures jeudi 1er septembre. Dans leur viseur, un protocole publié en début d’été.

Face à un «danger sérieux» pour la santé des plantes, ne pouvant être contenu par d’autres moyens y compris non-chimiques, pas question de se priver de molécules sur le point d’être interdites! Dans un protocole publié début juillet, l’Efsa propose en effet une méthode d’évaluation de l’arsenal chimique, peu à même de réduire les usages de produits dangereux, dont les CMR (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques) et les perturbateurs endocriniens.

Face à une menace sérieuse de mauvaises herbes, l’Efsa recommande dans un premier temps de dresser la liste de toutes les substances actives disponibles, et d’évaluer les risques de résistance par mode d’action. Pour un risque élevé, un mode d’action obtiendra un score de 1,5; pour un risque intermédiaire, un score de 2; pour un risque faible, un score de 3. Si la somme est au-dessus de 8, les alternatives chimiques sont suffisantes. En-dessous de 6, elles sont insuffisantes.

Pour PAN Europe et Générations futures, ce protocole est «un scandale»: «l’Efsa estime qu’en raison de la résistance croissante des mauvaises herbes contre les herbicides, pour chaque culture dans l’UE, une gamme d’herbicides doit être disponible avec un spectre d’action différent. Dans certains cas, même quatre classes différentes d’herbicides [quatre fois un score de 2 pour atteindre un total de 8, ndlr]. Cela signifie que si trois classes d’herbicides sont disponibles pour une culture donnée, la dérogation peut encore être appliquée pour l’herbicide classé comme l’herbicide numéro 4!».

Objet du protocole publié par l’Efsa, ces dérogations, prévues par l’article 4.7 du règlement européen n°1107/2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, concernent des produits par ailleurs interdits en raison de leur toxicité pour la santé humaine ou pour l’environnement, dont l’autorisation temporaire pourrait aller jusqu’à cinq ans.

Pour Hans Muilerman de PAN Europe et François Veillerette de Générations Futures, «les Etats membres de l’UE ne devraient pas accepter ce protocole de l’Efsa, car il sape la durabilité de l’agriculture et des décennies de politique de l’environnement et de la santé».



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