Hépatite E: une difficile prévention

Le 03 avril 2013 par Romain Loury
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Le nombre de cas d'hépatite E n'a cessé d'augmenter en France
Le nombre de cas d'hépatite E n'a cessé d'augmenter en France

La mise en place de mesures de prévention contre l’hépatite E, maladie qui se contracte principalement par consommation de foie de porc, s’avère un exercice ardu, notamment en raison du manque de tests, selon un avis publié le 28 mars par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses).

Le nombre de cas d’hépatite E, du moins ceux recensés en France, n’a cessé d’augmenter ces dernières années, passant de 9 à 249 entre 2002 et 2011. La faute aux produits à base de foie de porc (saucisses de foie fraiches ou sèches, foie sec, figatelli et quenelles de foie), le VHE étant présent dans près de deux tiers des élevages français de porcs (voir le JDLE).

D’où la recommandation des autorités sanitaires de faire cuire ces aliments à cœur. Ce qui n’est pas toujours le cas, notamment dans le sud de la France, où l’on observe la grande majorité des cas humains. Face à cette hausse inquiétante, la Direction générale de l’alimentation (DGAL) a saisi l’Anses quant aux moyens de prévention à mettre en œuvre, notamment en termes d’âge à l’abattage, de transformation des produits, voire de mise en place d’un statut «indemne» pour les élevages épargnés.

Pas si simple, comprend-on à la lecture de l’avis de l’Anses. Tout d’abord, il est difficile d’identifier un âge auquel les porcs seraient plus susceptibles de porter du virus dans leur foie: le risque est certes très élevé lorsqu’ils sont âgés de 90 à 120 jours, mais ils peuvent très bien se réinfecter plus tard dans leur vie.

Quant à la possibilité d’une qualification «élevages indemnes», qui permettrait de les réserver aux produits à base de foie cru, elle ne s’avère «pas envisageable à l’heure actuelle», juge l’Anses. En cause, le fait que ce statut «indemne» pourrait rapidement évoluer dans le temps. Mais aussi «le coût et la complexité» d’un tel système de qualification, ou encore la «faible disponibilité» des méthodes d’analyse.

Du côté des tests, il en existe bien quelques-uns pour la détection du virus ou des anticorps anti-VHE chez l’animal, ainsi que pour celle du virus dans les aliments, mais aucun n’est encore considéré comme «une méthode de référence». Autre écueil, la manipulation du VHE ne doit s’effectuer que dans un laboratoire de confinement de niveau 3 (L3), ce qui rend difficile des contrôles à grande échelle. Pour les experts de l’Anses, il s’agirait d’évaluer si des laboratoires de confinement inférieur, par exemple de type L2, ne suffiraient pas pour certains tests.

Bref, la prévention en amont s’avère à ce jour difficile à mettre en place. En l’absence de sélection des porcs, l’une des rares mesures retenues par l’Anses consiste à soumettre les foies à un traitement thermique, à 71°C pendant un minimum de 5 minutes. Pour le reste, les experts estiment que c’est l’information qui doit prévaloir, aussi bien vis-à-vis du consommateur, des médecins et des personnes les plus à risque (patients immunodéprimés ou atteints d’une maladie hépatique chronique, femmes enceintes).



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