Hépatite E: 30% des figatelli touchés

Le 15 octobre 2014 par Romain Loury
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65,3% des élevages touchés par l'hépatite E
65,3% des élevages touchés par l'hépatite E
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Les produits à base de foie de porc sont très souvent contaminés par le virus de l’hépatite E. Il est même présent dans 30% des figatelli, selon une étude française publiée dans la revue Emerging Infectious Diseases.

En France, le nombre de cas d’hépatite E, dont les réservoirs sont le porc et le sanglier, n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Pour les cas autochtones, ceux survenus en France, il est passé de 9 en 2002 à 792 en 2012 [1]. Et pour cause: 65,3% des élevages français de porcs sont concernés, révélait l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) en 2013.

Si la zone Grand Ouest, notamment la Bretagne, est la plus touchée, c’est dans le sud de la France, où l’on consomme le plus de produits à base de foie de porc sans les cuire, que les cas se concentrent. Or, si 4% des foies de porc qui entrent dans la chaîne alimentaire sont contaminés, on en sait moins sur les produits finaux. Issus d’un mélange de foies, on pouvait logiquement s’attendre à un chiffre plus élevé que 4%.

C’est même bien plus que cela, selon une nouvelle étude menée par l’Anses. Menée sur 394 produits issus de 40 producteurs méridionaux, elle montre que 68 d’entre eux sont contaminés par le VHE. En tête, les figatelli, dont 30% sont porteurs du VHE, talonnés par les saucisses de foie (29%) et les quenelles (25%). Quant aux foies séchés et salés, donc issus d’un seul animal et non d’un mélange de foies, seuls 3% sont touchés.

Une dose infectieuse inconnue

Dans certains produits, la quantité de virus dépasse le million de copies d’ARN par gramme. On ne connait toutefois pas quelle dose suffit à rendre malade un humain par voie orale.

Dans un rapport publié en 2013, l’Anses soulignait les difficultés de la prévention face à un virus aussi fréquent, notamment la quasi-impossibilité, à l’heure actuelle, de recourir à une qualification du type «élevage indemne».

Selon l’agence, l’une des mesures les plus efficaces consisterait à soumettre les foies à un traitement thermique, à 71°C pendant un minimum de 5 minutes. Mais c’est l’information qui doit prévaloir, vis-à-vis du consommateur comme des médecins et des personnes les plus à risque (patients immunodéprimés ou atteints d’une maladie hépatique chronique, femmes enceintes).

[1] Selon le rapport d’activité 2013 du Centre national de référence (CNR) sur les hépatites à transmission entérique (hépatites A et E), le nombre de cas recensés est même passé de 249 en 2011 à 792 en 2012. Une augmentation que le CNR attribue à «une meilleure utilisation des outils virologiques et de l’activité diagnostique».



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