Hépatite A: les fraises surgelées à l’assaut de la Scandinavie

Le 17 avril 2013 par Romain Loury
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Les fraises surgelées seraient liées à des cas d'hépatite A
Les fraises surgelées seraient liées à des cas d'hépatite A

Près d’une soixantaine de cas d’hépatite A, probablement liés à la consommation de fraises surgelées, sont survenus dans les 4 pays scandinaves depuis fin 2012, a annoncé le centre européen pour le contrôle et la prévention des maladies (ECDC) le 9 avril.

L’affaire n’est pas sans rappeler une récente affaire de gastro-entérites en Allemagne, la plus importante jamais survenue dans ce pays. Touchant près de 11.000 enfants ayant déjeuné dans des cantines scolaires, elle s’est avérée liée à des fraises surgelées produites en Chine, distribuées par la société française Sodexo (voir le JDLE).

Or voila que des fraises surgelées seraient à l’origine d’une nouvelle affaire, touchant le Danemark, la Suède, la Norvège et la Finlande, d’hépatite A cette fois-ci. Si, dans leur dernier bulletin, l’ECDC et l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) ne s’avancent pas quant à l’origine géographique des fraises impliquées, c’est parce que leur enquête n’a pas encore permis d’impliquer ces produits avec certitude. Du moins aucun virus de l’hépatite A n’a encore été détecté parmi les échantillons testés à ce jour, mais les analyses se poursuivent.

Autre indice à la charge des fraises, le système européen d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) a fait état en novembre 2012 de deux notifications relatives au virus de l’hépatite A, l’une en Allemagne avec des gâteaux au yaourt et à la fraise, l’autre en Belgique avec des fraises surgelées sous forme de cubes –ces dernières étant bien originaires de Chine.

Menée sur les 56 cas recensés depuis le 1er octobre (16 confirmés, 40 probables), l’étude épidémiologique laisse peu de place au doute: le fait d’avoir récemment consommé des fraises surgelées, généralement sous forme de crème glacée, était lié à un risque multiplié par 15,8 d’avoir développé une hépatite A. Reste désormais à identifier la (ou les) marque(s) concernée(s), puis à remonter la piste.

Les ECDC et l’Efsa disent s’attendre à de nouveaux cas dans les 4 pays touchés, le dernier ayant vu ses symptômes apparaître le 28 mars. Sans oublier qu’«au vu des délais pour rapporter les cas, le nombre de cas probables recensés en mars est sous-estimé», ajoutent les deux organismes.

En France, la dernière grande épidémie d’hépatite A s’est produite début 2010, avec 59 cas chez des personnes ayant consommé des tomates semi séchées (voir le JDLE). Transmise par voie alimentaire, cette maladie, qui a fortement reculé en Europe, a causé 1.114 cas déclarés en France en 2011, dont un tiers suite à un séjour à l’étranger ou hors métropole, très souvent au Maghreb, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS).



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