Hausse des prix: le CO2 n’a-t-il pas bon dos?

Le 21 février 2005 par Enerpresse
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Les énergéticiens britanniques s’en sont-ils mis plein les poches grâce au gaz carbonique? Ou plutôt ont-ils profité de la mise en place du marché de quotas d’émissions de CO2 pour accroître artificiellement leur coût et donc... leur prix de vente?

Pas facile de trancher. Toutefois, voilà des mois que les électriciens s'alarment de l'impact financier supposé de la lutte contre le changement climatique. Dans sa dernière étude, Eurelectric annonce que «la sévérité des plafonds imposés augmente exponentiellement les coûts engendrés par le respect des obligations». Voilà aussi des mois que les énergéticiens britanniques ne cessent de relever leurs tarifs. Y-a-t-il eu anticipation? C'est la question qui se pose de plus en plus, outre-Manche. Ces derniers jours, la presse britannique ne manquait pas de souligner que les allocations de quotas faites aux électriciens britanniques (132 millions de tonnes de CO2 par an dans la première mouture du plan national d'allocations des quotas) pourraient être très profitables aux dites compagnies en cas de hausse des prix des quotas sur les marchés.

D'après les calculs de certains spécialistes, au prix actuellement constaté en Europe - entre 7 et 8 euros par tonnes CO2 -, le montant du trésor de quotas des électriciens britanniques se monte à 580 millions de livres (840 millions d'euros). Un capital qui pourrait quadrupler dans les années qui viennent si les prix montent. Or, les prix vont monter. C'est du moins l'avis de Per Lekander. Cet analyste d'UBS estime, en effet, que les besoins en quotas supplémentaires de l'Espagne, de l'Irlande et du Portugal vont faire croître les prix du quotas de dioxyde de carbone de 30% au cours des 10 prochaines années.

Tout le monde ne partage pas cette analyse. Ainsi un récent «Information Paper»de l'Agence internationale de l'Energie (AIE) affirme qu'à moins de 19 euros par tonne, «les conséquences du prix des émissions de carbone seront limitées».D'autant que les  quotas ne sont pas tout. Avec l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto s'ouvriront prochainement les marchés des Unités de réduction d'émissions (URE, pour comptabiliser l'application conjointe) et d'Unités de réductions certifiées (URCE, celles pour les MDP). Or, la Russie ne fait pas mystère de vouloir faire du chiffre avec les systèmes de flexibilité: autour de 5 milliards de dollars par an (3,8 milliards d'euros). Et beaucoup d'air chaud russe fera probablement chuter le prix des quotas de l'Union européenne. Et avec eux l'une des raisons de la hausse du kilowatt-heure britannique.




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