Haro sur la géo-ingénierie

Le 04 novembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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De plus en plus de voix s’élèvent, notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, pour combattre le changement climatique en agissant directement et globalement sur le climat.

Certains proposent d’injecter dans l’atmosphère des particules (de sulfates, par exemple) qui renverraient dans l’espace une partie de l’énergie solaire. D’autres proposent d’accroître la productivité du phytoplancton mangeurs de CO2 en ensemençant les océans avec des nutriments (limaille de fer).

Un chercheur britannique propose de fabriquer des arbres artificiels. Un autre suggère de blanchir les nuages à coup de sprays d’eau de mer. Les plus audacieux militent pour l’envoi dans l’espace de miroirs géants pour renvoyer au soleil une partie de ses rayons. Bref, les techniques de géo-ingénierie fleurissent. Du moins dans les têtes des chercheurs.

Problème : aucune d’entre elle n’a pu prouver son efficacité et son innocuité. C’est d’ailleurs la conclusion d’un récent rapport de la Royal Society britannique. Dans un article publié dans Nature Geoscience, Katharine Ricke, chercheure de l’université Carnegie Mellon de Pittsburgh, montre par exemple qu’une atmosphère riche en sulfates produirait moins de précipitations qu’un air moins chargé en soufre. Tout aussi inquiétant, les effets du sulfatage seraient très variables d’une région à l’autre. Et ces variations pourraient évoluer dans le temps.

Ken Carslaw, de l’Institut du climat et des sciences atmosphériques de Leeds, estimait récemment, dans un article publié dans Atmospheric Chemistry and Physics, qu’un rafraichissement artificiel de l’atmosphère pouvait, en fait, accélérer le réchauffement climatique.

Malgré ces critiques, les partisans de la géo-ingénierie ne désarment pas. Ces derniers mois, trois rapports parlementaires américains ont fait le tour de la question, notamment pour évaluer les adaptions réglementaires qu’imposerait la mise en œuvre de ces techniques.

 

Le 29 octobre, des députés américains ont publié un nouveau rapport soulignant la nécessité de poursuivre les recherches et, pourquoi pas, de monter un important programme national, coordonnant les travaux de plusieurs agences fédérales ?

 

Cette menace scientiste commence à susciter des réactions dans le personnel politique. Lors du sommet de Nagoya sur la biodiversité, les parties ont voté une résolution appelant les pays et les organisations à manier avec prudence géo-ingénierie et « biologie synthétique ».

 

L’inquiétude a aussi saisi certains climatologues. Raison pour laquelle le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) consacrera une large part de son 5e rapport d’évaluation (parution attendue entre 2013 et 2014) à l’évaluation de ces techniques. A suivre…

 

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