HAP, PCB nuisent aux bébés

Le 20 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Une étude menée en Chine et publiée le 18 juillet dans la revue américaine Nature révèle que l'exposition à des polluants organiques tels que les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ou les polychlorobiphényles (PCB) augmente le risque de malformation des bébés.

En fait, l’étude fait le lien entre des anomalies de développement de l’embryon et l’exposition de la future mère à certains polluants organiques persistants. L’équipe d’Aiguo Ren, de l’université de Pékin, a constaté que l’exposition aux HAP et aux PCB augmente le risque d’anomalies du tube neural qui est une pièce importante pour le futur système nerveux central du fœtus.

C’est environ au 32ème jour du développement de l’embryon que ce tube se referme. Chaque année, 320.000 cas de défauts de fermeture du tube neural sont dépistés dans le monde, et cela grâce à l’échographie. Ces anomalies peuvent se traduire par de sérieuses malformations fœtales, comme le spina bifida ou l’anencéphalie (absence totale ou partielle de l’encéphale). Pour prévenir le spina bifida, les futures femmes enceintes sont incitées à consommer de l’acide folique. Cependant d’autres facteurs entrent en jeu. Des soupçons pèsent sur les polluants environnementaux.

Les chercheurs de l’Université des sciences médicales de Pékin et leurs collègues spécialisés en sciences de l’environnement ont mesuré, entre 2005 et 2007, les taux de PCB, de HAP et de certains pesticides dans les placentas de 80 nouveau-nés souffrant d’une anomalie du tube neural. Ils les ont comparés à un groupe de 50 nouveau-nés exempts de toute malformation.

L’étude montre en premier lieu que ces polluants se retrouvent bien dans le placenta et pas seulement dans le sang de la mère. Seconde observation: le risque de défaut de fermeture du tube neural augmente avec la dose de polluants mesurée. Cet élément important permet d’établir un lien de cause à effet entre les deux.

Ainsi, le risque d’anomalie est 4,5 fois plus élevé lorsque les taux de HAP dépassent la moyenne évaluée à 597 nanogrammes par gramme de lipides (les polluants organiques persistants ont la capacité de s’accumuler dans les graisses) et ce risque peut être 11 fois supérieur pour les taux de HAP les plus élevés. L’exposition aux hydrocarbures aromatiques polycycliques provient des poêles à charbon dans les maisons ou bien du tabagisme, même passif. Les PCB ont été très utilisés comme lubrifiants ou isolants dans des transformateurs ou des condensateurs, ou encore comme additifs dans les peintures ou dans le PVC. Les chercheurs ont également détecté dans les placentas des traces de DDT, un insecticide pourtant banni en Chine depuis 1983 mais qui persiste longtemps dans l’environnement.

Les scientifiques chinois estiment que des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats. Il reste encore à comprendre comment agissent les polluants sur le développement embryonnaire. In utero, le futur bébé est également exposé à d’autres substances, comme les perturbateurs endocriniens, qui auraient un impact sur son métabolisme à l’adolescence et à l’âge adulte. Tous ces travaux confirment que la grossesse est une période clef où l’exposition à la pollution a des effets importants, qu’ils soient ou non immédiatement visibles.





Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus