Habemus papam climaticum

Le 16 juin 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le Vatican dispose de sa propre centrale photovoltaïque.
Le Vatican dispose de sa propre centrale photovoltaïque.
DR

Publiée avec 4 jours d’avance, la lettre encyclique du pape sur le climat dénonce notre modèle de développement, court-termiste et carboné. Pour renverser la vapeur, François propose une gouvernance mondiale et l’abandon des énergies fossiles.

Après un incroyable aguichage médiatique, le Vatican a encore surpris son monde. Lundi 15 juin, les services du pape François ont laissé fuiter sa fameuse lettre encyclique[1] sur le climat, attendue depuis des lustres. Immédiatement mise en ligne par L’Espresso, la lettre de 192 pages a été commentée de toutes parts.

Rédigée en italien, le texte est intitulé Laudato si (Loué sois-tu), en référence au Cantique des créatures de Saint François d’Assise. Il décrit relativement précisément le réchauffement climatique et ses conséquences, environnementales, sanitaires et sociales.

Cycle de l’eau

L’une d’entre elle, rappelle le pape, sera de mettre à mal le cycle de l’eau. «Or l’accès à l’eau potable et sûre est un droit humain essentiel, fondamental et universel.» L’évêque de Rome craint aussi que la raréfaction de l’eau potable n’engendre une inflation des prix de denrées alimentaires et de nombreux produits d’usage courant.

Rédigée dans la foulée d’une conférence climat organisée par l’académie vaticane, l’encyclique souligne, sans la moindre tergiversation, l’origine anthropique du phénomène: «De nombreuses études scientifiques montrent que la plus grande part du réchauffement en cours depuis plusieurs décennies est imputable à la concentration croissante de gaz à effet de serre […] imputable à l’activité humaine.»

Ceux qui souffrent se souviendront

Fort logiquement, il met à l’index nos comportements les plus dévastateurs: vision court-termiste, société de consommation et de gaspillage, manque de courage politique. «Ceux qui souffrent de ces conséquences, que nous essayons de masquer, se souviendront de ce manque de conscience et de responsabilité.»

Constructif, il propose quelques éléments de solutions: «Nous savons que la technologie basée sur les combustibles fossiles, très polluants, notamment le charbon mais aussi le pétrole et dans une moindre mesure le gaz, devra être remplacée progressivement et sans retard.»

Gouvernance mondiale

Dans la lignée de son prédécesseur Benoît XVI, François milite pour la constitution d’une gouvernance mondiale, en charge tout à la fois de la chasse au carbone et du développement des pays les plus pauvres. Cela n’empêche pas le souverain pontife de demander aux pays les plus émetteurs de réduire leur empreinte carbone. «Ce qui demandera honnêteté, courage et responsabilité.»

Les mécanismes de flexibilité, piliers du protocole de Kyoto, ne trouvent pas grâce, en revanche, aux yeux du Saint Père: «La stratégie d’échange de crédits d’émission s’apparente à une nouvelle forme de spéculation et ne contribuera pas à réduire les émissions globales de gaz polluants.»

François appelle de ses vœux l’établissement d’une «écologie humaine», seule capable de gérer harmonieusement des biens communs comme l’atmosphère. Il se veut aussi le prosélyte d’une «écologie de la vie quotidienne», dont les principes rappellent ceux du développement durable et de l’économie circulaire.



 



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