Guyane: une mission sur l’avenir des grands projets miniers

Le 30 juillet 2018 par Marine Jobert
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Un projet qui pourrait durer 15 ans.
Un projet qui pourrait durer 15 ans.

A peine clos le débat public sur le projet aurifère de la Montagne d’or, l’avenir minier de la Guyane ressurgit avec l’annonce d’une mission sur les enjeux socio-économiques et environnementaux de ces grands projets.

La commission nationale du débat public (CNDP) rendra son avis au plus tard le 7 septembre. D’ici là, les trois hautes administrations qui viennent d’être mandatées pour mener une mission sur les enjeux socio-économiques et environnementaux des grands projets miniers en Guyane auront déjà commencé leurs travaux. L’annonce de cette mission, ce 27 juillet, par Nicolas Hulot, Bruno Le Maire et Annick Girardin, intervient trois semaines après la fin du débat public organisé pendant 4 mois sur place autour du projet dit de la Montagne d’or. «Après un départ quelque peu mouvementé, [le débat] a fini par trouver un régime de croisière non dépourvu d’incidents et de manifestations», reconnaît la délégation locale. Un exercice «qui a permis d’atteindre dans une large mesure l’objectif d’un tel débat qui est d’informer et de permettre de questionner l’auteur du projet et d’exprimer des points de vue argumentés».

Pas de concurrence avec la CNDP

Mais pourquoi donc solliciter auprès de Conseil général de l'économie, du Conseil général de l'environnement et du développement durable, et de l'inspection générale de l'administration «des recommandations sur les conditions d'éventuelles exploitations minières de ce type en Guyane», alors même que tous les éléments du projet étaient (théoriquement) sur la table du débat (public)? «Le gouvernement recherche un éclairage supplémentaire, sans entrer en concurrence avec la CNDP puisque la mission n’est pas menée en parallèle, mais bien après la tenue du débat. Et cela ne constitue en aucun cas une décision, précise Chantal Jouanno au Journal de l’environnement. La présidente de la CNDP souligne d’ailleurs qu’elle sera très attentive aux réponses qui seront apportées par l’exécutif aux interrogations soulevées lors des échanges en Guyane.

Quelque 135 permis miniers

La saisine des trois inspections dépasse «le cas particulier du projet ‘Montagne d'or’», précise le communiqué. «La mission analysera, au regard des meilleures pratiques internationales, les retombées socio-économiques de ce type de projet et les mettra en regard de leurs impacts environnementaux et sociétaux.» C’est que près de 135 permis miniers sont en cours de validité sur ce territoire couvert à 97% par la forêt amazonienne, dont 50% en activité (concessions, permis d’exploitation ou d’exploration), rappelle l’Usine Nouvelle. Si Emmanuel Macron n’a jamais caché son soutien au développement de cette filière, le cœur de Nicolas Hulot penche nettement pour l’abandon du projet de mine géante. Le WWF France analyse l’annonce de cette mission d’inspection interministérielle comme «le besoin pour l’Etat de bénéficier de paramètres précis sur l’ensemble du périmètre d’un tel projet, que le promoteur aura été dans l’incapacité de fournir». Et la fondation croit voir dans les récentes déclarations contre les «mines non exemplaires» du secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, en visite sur place, «une [confirmation] de la prise de distance du gouvernement français vis-à-vis du projet». A voir.

 



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