Guyane: les poissons aussi souffrent de l’orpaillage

Le 16 mars 2011 par Geneviève De Lacour
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Le CNRS a annoncé le 14 mars la publication très prochaine d’un article dans la revue « Biodiversity and conservation » au sujet des effets de l’orpaillage en Guyane sur la biodiversité des poissons. L’étude, menée en 2008 dans le cadre d’un projet CNRS-Nouragues, montre que des petits chantiers d’orpaillage clandestins sont responsables de modifications importantes des assemblages de poissons sur les petits cours d’eau.

En Guyane, le nombre de sites d’orpaillage est en augmentation constante. Les conséquences de cette activité sont multiples. L’extraction de l’or passe par une phase de lavage au sol par de grandes quantités d’eau. Cette eau chargée en sédiments est ensuite rejetée dans les cours d’eau, ce qui trouble les eaux.

Les scientifiques de l’université de Toulouse ont étudié l’impact de cette activité sur les poissons de 6 petits cours d’eau tous situés dans la réserve des Nouragues. Il s’agissait de comparer 2 cours d’eau non orpaillés, dits «de référence», avec 2 cours d’eau orpaillés pendant l’étude, et enfin 2 rivières impactées quelques mois avant les prélèvements des scientifiques.

Bien que les chantiers d’orpaillage soient souvent de petite taille, les scientifiques ont pourtant constaté une tendance à la disparition des espèces vivant uniquement dans ces cours d’eau, remplacées par d’autres espèces moins spécialisées et vivant dans les grandes rivières. De même les espèces de grande taille tendent à être remplacées par des espèces de petite taille, plus résistantes. Sébastien Brosse, auteur principal de l’article, explique: «Nous avons remarqué que, même si l’orpaillage a cessé depuis des mois, l’assemblage des poissons reste perturbé».

«Lors de la recolonisation du milieu, les espèces changent, il n’y a pas de retour à l’état initial. Le phénomène est donc irréversible. La perte de biodiversité est indéniable», conclut Sébastien Brosse.

A noter qu’en 2011, un programme d’évaluation des milieux sera lancé par le CNRS sur toute la Guyane. Il permettra de recenser les poissons et les insectes aquatiques et comprendra un volet métaux lourds. 



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