Guyane: le parc et les scientifiques refusent le projet d’orpaillage

Le 11 janvier 2013 par Stéphanie Senet
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Vue du village de Saül
Vue du village de Saül

 L’enquête publique autour du projet de charte du parc national amazonien de Guyane démarre ce 11 janvier dans un contexte fortement polémique.

Alors qu’un arrêté ministériel a donné, le 11 décembre 2012, le feu vert à la société Rexma pour exploiter une mine d’or dans le parc amazonien de Guyane (voir JDLE), l’établissement public ainsi qu’un collège de scientifiques s’insurgent.

L’affaire n’étant pas nouvelle, le parc national de Guyane avait déjà exprimé son opposition à deux reprises. En juillet 2008 tout d’abord, le président du conseil d’administration avait transmis au préfet son avis négatif à une demande de permis de Rexma. En janvier 2009, il s’était à nouveau opposé à l’actuel permis dans un courrier adressé à la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l' environnement (Drire).

Cette fois-ci, dans un communiqué du 10 janvier, l’établissement rappelle que le permis d’exploitation, qui jouxte le village de Saül, s’étend sur 120 hectares situés en zone de libre adhésion du parc national, dans un territoire où l’exploitation minière est interdite depuis le 1er janvier 2012 par le schéma départemental d’orientation minière.

Le parc ajoute que ce permis va à l’encontre de la politique de développement durable engagée par la commune de Saül depuis plusieurs années et risque de nuire à son activité touristique (qui repose sur la qualité de l’environnement naturel forestier) et à la pratique de la pêche (qui assure un moyen de subsistance important à la population). Sans oublier les nombreuses espèces protégées du territoire, qui se trouvent menacées…

Le projet présente aussi un risque important de pollutions (matières en suspension et remobilisation du mercure présent dans les sols) dans la zone cœur du parc. Selon la direction, le permis –situé dans un bassin versant en amont- pourrait toucher plus de 6 kilomètres de cours d’eau, ce qui est contraire aux articles 1 et 3 de la loi de 2006 sur les parcs nationaux (solidarité entre la zone cœur et de libre adhésion). C’est d’ailleurs sur ce point que Guyane Nature Environnement souhaite attaquer l’arrêté ministériel.

Neuf scientifiques ont ajouté leur voix à cette opposition, dans un courrier adressé le 10 janvier au ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, et diffusé par notre confrère Sylvestre Huet de Libération sur son blog. Ces chercheurs –d’Irstea, de l’Inra, du CNRS[1], etc.- spécialistes de l’impact de l’orpaillage en Guyane insistent sur la nécessité de préserver la qualité des cours d’eau et la biodiversité aquatique (Saül est un site de référence pour l’étude des écosystèmes), de protéger la raison d’être de l’activité écotouristique de la commune, et de respecter l’avis de la population locale, dont l’opposition ferme au projet dans un périmètre de 10 km autour de Saül a été exprimée dans une pétition adressée au préfet le 11 décembre 2012.



[1] Irstea: Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture

Inra: Institut national de la recherche agronomique

CNRS: Centre national de la recherche scientifique

 



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