Guyane: la guerre de l'or est déclarée

Le 28 juin 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Deux militaires français ont été tués par des orpailleurs clandestins.
Deux militaires français ont été tués par des orpailleurs clandestins.

Dans la Grèce antique, les harpies étaient les divinités de la vengeance. Dans la Guyane d’aujourd’hui, c’est le nom de code donné aux opérations de lutte contre l’orpaillage clandestin.

Mercredi 27 juin, l’une de ces opérations de maintien de l’ordre en forêt amazonienne a tourné au drame. Deux militaires du 9e régiment d’infanterie de marine ont été tués dans une embuscade probablement tendue par des orpailleurs, les garimperos. Deux gendarmes ont aussi été blessés.

Ces militaires opéraient dans la région de Maripasoula (centre-ouest de la Guyane française). Requis par la justice, et intervenant en appui des gendarmes (seuls à pouvoir procéder à des interpellations), ils participaient à la recherche d’une mine d’or illégale.

De ce site étaient partis, le matin même, des coups de feu vers un hélicoptère de la gendarmerie, blessant un autre militaire.

Lancées en 2008, les opérations Harpies ont succédé aux «Anacondas». Elles mobilisent près de la moitié des forces françaises en Guyane.

Depuis le début de l’année, rappelle le journaliste spécialiste des questions de défense Jean-Dominique Merchet, 1.200 patrouilles et 15 opérations majeures ont été effectuées, donnant lieu à la destruction de 55 chantiers illégaux.

Dans un communiqué, le WWF estime que la tuerie marque une nouvelle étape dans la lutte contre le trafic d’or en Guyane. «Cette nouvelle étape dans l'escalade de la violence ne laisse plus place au doute. Au-delà de la violation de la souveraineté territoriale, de la destruction des ressources naturelles et du pillage d'un minerai convoité, il s'agit maintenant d'une tout autre phase du conflit qui vient de débuter: dans l'intérieur de la Guyane, la guerre de l'or est déclarée.»

L’association dénonce également «le haut niveau d'organisation des réseaux clandestins», et «l'absence de coopération de la part des Etats voisins (Surinam et Brésil)».

Chaque année, une vingtaine de tonnes d’or est extraite du sol guyanais, dont probablement la moitié par les clandestins.

 



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