Gueule de bois à l’Office national des forêts

Le 07 juillet 2006 par Laure Pollez
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Forets
Forets

L’Office national des forêts (ONF) vient de signer son nouveau contrat avec l’Etat pour 2007-2011. Ce plan succède à un contrat 2002-2006 particulièrement rude, à la suite des dégâts des tempêtes de 1999. Il ne semble pourtant pas apporter la sérénité souhaitée pour la gestion des forêts publiques.

«Le contrat qui s’achève était un contrat de redressement, celui que nous allons signer se veut un contrat de développement». Samedi 24 juin, lors de la signature du contrat ONF-Etat 2007-2011, le directeur de l’ONF, Pierre-Olivier Drège, semblait se réjouir de tourner une page difficile. Les tempêtes de 1999 ont en effet entraîné une vaste réforme de l’Office afin qu’il retrouve son équilibre Cependant, il n’est pas certain qu’il soit au bout de ses peines. Car, si un «développement» est désormais possible, il est loin de faire l’unanimité.

Les syndicats de forestiers s’inquiètent d’une «hypothèque sur l’avenir de nos forêts» par une «accélération des logiques économiques» qui conduirait au «bradage des forêts»: «Si les objectifs de gestion durable sont réaffirmés dans le texte, ils ne se retrouvent pas dans la réalité des moyens mis en œuvre» estime Michel Bénard, représentant de la CGT Forêt et agent patrimonial au sein de l’ONF. Les syndicats dénoncent le report d’un certain nombre de charges sur l’Office. A partir de 2007, le financement de l’Etat pour les missions d’intérêt général de l’Office va décroître, la charge incombant à l’ONF passera de 0 à 54%. Selon ce contrat, l’ONF devra également prendre en charge la fin des travaux de reconstitution des forêts domaniales, après la tempête de 1999; et constituer une provision pour de tels événements.

Ce désengagement de l’Etat fait craindre aux forestiers une pression accrue sur la ressource puisque, pour augmenter ses recettes, l’ONF devra augmenter sa production de bois. Cette exigence risque d’amener l’Office à exploiter des massifs anciens et à accroître le rythme des exploitations courantes.

De plus, ce nouveau contrat entretiendrait le climat délétère introduit par les tempêtes de 1999 (les syndicats dénoncent également la poursuite des compressions des personnels, prévue dans le contrat). «Les personnels sont désabusés et démobilisés» expliquent Michel Bénard qui regrette qu’aucune évaluation indépendante de la gestion n’ait été réalisée à ce jour.

Le réseau associatif France Nature Environnement (FNE) s’inquiète également du «choix affiché de décapitaliser les gros et vieux bois des forêts domaniales afin d’équilibrer les comptes de l’Office». «On constate actuellement une surexploitation des forêts exploitées» explique Cécile Gravier, coordinatrice du réseau agriculture/forêts du réseau, «on ne laisse pas s’exprimer le cycle forestier, ce qui appauvrit le milieu». Pour l’association, il y a d’autres moyens d’augmenter les recettes. En tant qu’administrateur de l’ONF, FNE espère donc être étroitement associé au projet d’établissement qui sera établi à la rentrée.

En France métropolitaine, les forêts occupent actuellement 27,1% du territoire et sont essentiellement privées. La forêt française produit 91millions de mètres cubes (m3) de bois par an (1). L'ONF gère directement, pour le compte de l'Etat et des collectivités locales, un peu plus de 4 millions d’hectares de forêts en métropole, soit un quart du massif, et près de 8 millions outre-mer.

(1) source: Inventaire forestier national


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus