Groenland: terre d’élection de ressources naturelles

Le 18 mars 2013 par Marine Jobert
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Plus qu'à la banquise qui fond, les Groenlandais s'intéressent à l'argent qu'ils pourraient tirer de l'exploitation de leurs ressources naturelles.
Plus qu'à la banquise qui fond, les Groenlandais s'intéressent à l'argent qu'ils pourraient tirer de l'exploitation de leurs ressources naturelles.
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Ce ne sont pas les partis politiques, mais les ressources naturelles du pays, qui semblent avoir fait le résultat de l’élection de la semaine dernière au Groenland. Aleqa Hammond, représentante des sociaux-démocrates du Siumut, a remporté des élections législatives largement dominées par la question de l’exploitation minière du sous-sol groenlandais, des revenus que le pays pourrait en tirer pour s’émanciper encore un peu plus du grand frère danois et de l’emprise des entreprises étrangères sur ces ressources. Si le consensus règne quant à la nécessité d’attirer des investissements étrangers, la question des modalités est devenue un thème de campagne. En affirmant que ces investissements ne se feraient pas «à n’importe quel prix», la première Première ministre groenlandaise a en partie répondu à la question.

 

L’obsession des Groenlandais, c’est de s’émanciper de la tutelle de Copenhague. Un référendum consultatif, en 2008, leur a accordé une certaine autonomie, sauf pour les affaires étrangères, la sécurité et les finances. A ce titre, le royaume du Danemark leur verse une dotation de 570 millions d'euros par an. Mais la question du degré d'indépendance, et des moyens pour la conserver, continue de se poser. Pétrole, gaz, or, diamant, uranium, zinc, plomb, terres rares… depuis quelques années, le sous-sol de la plus grande île du globe attise les convoitises. Ses 56.000 habitants, jusqu’ici isolés du reste du monde -80% du territoire est constitué de glace- voient s’ouvrir de nouvelles liaisons maritimes avec la fonte des glaces et arriver de nouveaux investisseurs. Mais quel accueil leur réserver?

 

Le gouvernement précédent avait répondu à sa façon, en faisant passer une loi qui assujettit les Groenlandais aux conditions sociales du pays de l’entreprise qui l’emploie. Une loi très controversée. Les Britanniques de London Mining PLC, qui ont annoncé des investissements de près de 1,8 Md€ -pour du minerai de fer qu’ils exporteraient vers la Chine- se sont retrouvés bien malgré eux au cœur de la campagne. Les Groenlandais refusaient en bloc que près de 2.000 travailleurs chinois puissent venir sur l’île pour participer à la mise en exploitation de la mine. Cette information n’était apparemment pas fondée: une porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois a même démenti qu’aucune entreprise ou travailleur chinois soit en affaires sur le sol du Groenland, mais elle a cristallisé les inquiétudes.

 

«Comment faire quand on est 56.000 personnes, quand on a un budget d’un milliard d’euros face à des groupes miniers qui pèsent 20, 30 ou 40 milliards, avec une infrastructure et une main d’œuvre importante qui peut être importée de Chine?», s’interroge sur France Info Erik Bataille, auteur de Groenlandais express et Groenland, terre des Inuit[1]. «Le rapport de force n’est pas en faveur des Groenlandais, comme il n’est pas en faveur des Mongols, qui ont en face d’eux des groupes qui pèsent plus qu’un Etat.»

 

«Nous sommes prêts à accueillir les entreprises et les pays qui sont intéressés à investir au Groenland», ont été les premiers mots de la nouvelle Première ministre après son élection. «Mais nous devons aussi être conscients des conséquences en tant que peuple. Le Groenland doit faire affaire avec des pays qui ont les mêmes valeurs que lui, notamment sur la façon dont les droits de l’homme doivent être respectés. Nous ne laisserons pas de côtés nos valeurs pour le profit des investisseurs.» A aucun moment, il n’aura été question des conséquences environnementales de ces projets, quand le Groenland pourrait être aux premières loges d’un accident pétrolier, mais surtout du réchauffement climatique.

 



[1] Editions du Dauphin

 



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