Grippe: une situation mondiale explosive

Le 27 février 2015 par Romain Loury
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Inquiétude à l'OMS
Inquiétude à l'OMS
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La circulation de la grippe chez l’homme et la volaille atteint actuellement «un niveau sans précédent», a déclaré l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En cause, un nombre très élevé de souches différentes, et donc un grand potentiel de recombinaisons génétiques donnant lieu à de nouvelles souches.

«Attendez-vous à des surprises», prévient l’OMS. Et peut-être pas des meilleures, tant la situation mondiale de la grippe est inquiétante. En France, celle liée au virus saisonnier H3N2 (63% des cas), contre lequel le vaccin semble peu efficace cette année, a déjà infecté 2,5 millions de personnes depuis janvier, dont 98, parmi les plus âgées, en sont décédées.

Avec 16% de plus que la moyenne, «il s’agit de l’épisode de surmortalité hivernale le plus important depuis ces 5 dernières années», indique l’Institut de veille sanitaire (InVS) dans son bilan publié mercredi 25 février. Or ce n’est peut-être qu’un signe avant-coureur de ce qui guette la planète.

Chez les oiseaux, aussi bien sauvages que ceux d’élevage, la situation est en effet très préoccupante, avec un nombre anormalement élevé de souches, chacune croisant la route des autres. Au risque de se recombiner et de donner naissance à de nouvelles souches, peut-être plus virulentes et/ou contagieuses.

H5N1 frappe en Egypte

«Depuis début 2014, l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) s’est vu notifier 41 épidémies de grippe H5 et H7 chez des oiseaux, impliquant 7 virus différents dans 20 pays d’Afrique, des Amériques, d’Asie, d’Australie, d’Europe et du Moyen-Orient. Plusieurs d’entre eux sont de nouveaux virus qui ont émergé et se sont répandus chez les oiseaux seulement ces dernières années», indique l’OMS.

Parmi les plus dangereux, les virus H5, dont le fameux H5N1. Originaire d’Asie du sud-est, où il circule toujours, ce virus, mortel dans 55% des cas mais encore peu transmissible de l’oiseau à l’homme (et pas encore de l’homme à l’homme), fait actuellement rage en Egypte.

Depuis début novembre, le H5N1 a infecté 108 personnes, dont 35 sont décédées. En presque 4 mois, le virus a donc fait en Egypte plus de victimes qu’aucun pays n’en a enregistrées en une année depuis la première alerte mondiale de 2003.

Le H5 fait des petits

Or le H5N1 a récemment été rejoint par le H5N2, le H5N3, le H5N6 et le H5N8! Désormais présent en Amérique du Nord, ce dernier avait au préalable infecté des élevages de volailles européens, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

Rien qu’en Chine, quatre virus H5 (N1, N2, N6 et N8) circulent actuellement chez les oiseaux. Et ce en plus du H9N2 et du H7N9, ce dernier ayant déjà tué 227 Chinois depuis mars 2013, pour un taux de mortalité de 36%.

Pour l’instant, les nouveaux virus H5 semblent surtout se cantonner à la volaille, mais quelques cas de transmission à l’homme sont survenus: la Chine a ainsi connu trois cas d’infection par H5N6 depuis avril 2014, dont deux mortels.

«Dès que l’on parle de la grippe, il est impossible de faire des prévisions, que ce soit quant au lieu d’émergence de la prochaine pandémie ou quant à la souche qui en sera responsable. Le monde a eu de la chance que la pandémie de 2009 [la grippe porcine H1N1, qui a valu quelques désagréments à l’OMS et au ministère français de la santé, ndlr] soit relativement légère, mais une telle bonne fortune était sans précédent», affirme l’OMS.



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