Grippe H5N8: risque «au minimum modéré» pour la France

Le 26 novembre 2014 par Romain Loury
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Les dindes, premières victimes européennes
Les dindes, premières victimes européennes
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La grippe aviaire H5N8, qui a touché des élevages de volailles aux Pays-Bas, en Allemagne et au Royaume-Uni, pourrait toucher la France très prochainement. Dans un avis publié vendredi 21 novembre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) estime que le risque est «au minimum modéré».

Après avoir frappé la Chine, la Corée du Sud et le Japon, le virus H5N8 a fait son entrée en Europe début novembre, dans un élevage de dindes du nord-est de l’Allemagne (voir le JDSA). Depuis, il s’est étendu aux Pays-Bas, où l’on recense désormais trois élevages touchés, et au Royaume-Uni, avec un élevage de canards dans le Yorkshire.

L’affaire n’est pas sans rappeler la grippe H5N1, qui a déferlé sur le monde en 2005-2006. Là aussi, tout porte à croire que le virus est véhiculé par les oiseaux sauvages, notamment les canards, les oies et les cygnes, en pleine période de migration du nord-est vers le sud-ouest de l’Europe. L’Allemagne a d’ailleurs identifié un canard mort porteur du H5N8. La France devrait donc difficilement y échapper.

C’est d’ailleurs ce qui ressort de l’avis publié par l’Anses, dans des termes plutôt prudents. Selon l’agence, le risque d’introduction de H5N8 dans des élevages est «au minimum modéré sur l’ensemble de la France métropolitaine, y compris la Corse», mais «plus élevé» dans les zones accueillant des oiseaux migrateurs.

Risque «minime» pour l’homme

S’il ne peut être exclu, le risque de transmission à l’homme est quant à lui «minime», estime l’Anses, rappelant qu’aucun cas n’a été observé en Corée «malgré un nombre probablement élevé de personnes exposées». Des travaux in vitro ont cependant révélé que le virus parvenait à s’attacher à des cellules d’épithélium nasal ou pulmonaire humain.

Difficile aussi de se prononcer quant aux chances de réassortiment du H5N8 avec un autre virus de grippe –une crainte déjà suscitée par le H5N1, mais qui ne s’est pas encore réalisée. Quant à une possibilité de contamination par consommation de volailles, il est «nul à quasi nul», juge l’Anses.

Sommes-nous à la veille d’une épidémie mondiale de grippe aviaire du type H5N1? L’inquiétude est réelle, en particulier pour les pays pauvres situés sur la route des oiseaux migrateurs, notamment sur la mer Noire et en Afrique, alertent l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Il existe par ailleurs de forts soupçons sur des morts de canards domestiques au centre du Kerala, Etat du sud-ouest de l’Inde.



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