Grippe H5N1: les oiseaux sauvages épargnés pour l’instant

Le 15 décembre 2015 par Romain Loury
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Menace sur les élevages de volaille
Menace sur les élevages de volaille

Depuis fin novembre, plusieurs foyers de grippe aviaire, dont H5N1, sont apparus dans des élevages du sud de la France, faisant craindre une nouvelle crise agricole. Toutefois, le mode d’apparition de cette maladie semble radicalement différent de l’épizootie survenue en France en 2006-07, et le risque pour l’avifaune sauvage semble pour l’instant peu élevé.

Depuis le 24 novembre, 12 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène sont survenus sur cinq départements du sud, dont quatre du sud-ouest (Dordogne, Landes, Gers, Aveyron), ainsi qu’en Haute-Vienne. Parmi eux, des souches H5N9, H5N2, mais aussi H5N1, qui ont tué des milliers de volailles, tels que poulets, pintades et canards. Procédant à l’abattage préventif des survivants, les autorités ont instauré, comme la loi le prévoit, des zones de protection (3 km de rayon) et de surveillance (10 km de rayon).

Si le terme de H5N1 évoque aussitôt l’épisode de 2006-07, lorsque cette souche d’origine asiatique était survenue en Europe par les oiseaux sauvages, la comparaison s’arrête là. Dans un avis publié lundi 14 décembre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) rappelle que la nouvelle souche H5N1 est en effet très différente de la lignée asiatique.

Selon l’agence, le scénario le plus probable est celui de la circulation dans un élevage d’une souche H5N1 faiblement pathogène -donc difficile à détecter-, ayant soudain muté en une souche hautement pathogène, puis se répandant à d’autres élevages. Autre possibilité, cette même souche peu virulente proviendrait de l’avifaune sauvage, et c’est lors de sa transmission à un élevage qu’elle se serait faite plus agressive.

Du côté des oiseaux sauvages, la surveillance a été confiée au réseau Sagir, dont c’est là le travail quotidien: mis en place en 1986, il repose principalement sur des chasseurs volontaires, des techniciens des fédérations départementales et des agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), et vise à détecter précocement l’apparition de maladies dans la faune sauvage.

Pas de signal dans l’avifaune

Contacté par le JDLE, son administrateur Jean-Yves Chollet indique que «depuis le début de cette crise, nous n’avons strictement rien vu» en termes de mortalité des oiseaux sauvages. Ce qui semble confirmer que la souche H5N1 hautement virulente est bien d’origine domestique, et qu’elle n’est pas survenue en France de la même façon que celle de 2006-07, ajoute-t-il.

Ce qui n’empêche pas que les oiseaux sauvages puissent être atteints à leur tour, répandant le virus sur leur passage. «Ce sont surtout les oiseaux d’eau, comme les canards, les oies sauvages, les cygnes, qui sont particulièrement réceptifs. Ils peuvent se contaminer par contact indirect, par exemple au contact du matériel et des locaux d’élevage, via une mare ou d’autres points d’eau», ajoute Jean-Yves Chollet.

Dès lors, la grippe aviaire constitue-t-elle un risque pour ces espèces? En 2006-07, «nous avions observé une mortalité significative liée à spécifiquement à ce virus, mais je ne pense pas que les populations en aient, d’un point de vue global, véritablement souffert. L’enjeu est assez peu environnemental: il est avant tout économique et agricole, éventuellement de santé publique», explique l’administrateur de Sagir.

Du côté santé publique, le risque alimentaire est «nul à négligeable», comme il l’était déjà avec la grippe H5N1 de lignée asiatique, estime l’Anses. D’un point de vue respiratoire, seul ce dernier, faiblement transmissible de l’animal à l’homme et d’une personne à l’autre, a été décrit dans des formes sévères chez l’homme, avec une mortalité s’élevant à 50%. Quant aux nouveaux virus, le risque de transmission respiratoire ne peut être totalement exclu, mais les résultats de son séquençage génétique révèlent qu’ils ne disposent pas des déterminants la favorisant.



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