Grippe aviaire: dans les entreprises, il est encore urgent d’attendre

Le 25 juillet 2006 par Laure Pollez
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Le risque de pandémie de grippe aviaire ne s’éloignera pas de sitôt. Pourtant, les entreprises semblent encore hésiter dans la prévention de ce risque.

Où en sont les entreprises françaises dans la prévention du risque «grippe aviaire»? Au-delà des aléas médiatiques, le risque de pandémie de grippe aviaire persiste. «On peut passer n'importe quand à un niveau d'alerte supérieur», explique le docteur Jean-Michel Guillery, médecin-consultant du cabinet MGVM, «et il va falloir vivre avec ce risque pendant des années.» Une mutation du virus aviaire le rendant transmissible d'homme à homme peut en effet intervenir à n'importe quel moment, comme cela s'est passé trois fois au XXe siècle. D'autant plus que, pour la première fois, l'épizootie (l'épidémie animale) touche 58 pays.

Le plan gouvernemental de prévention et de lutte «pandémie grippale» prévoit «l'élaboration, par les opérateurs et exploitants, notamment ceux des secteurs d'activité économique d'importance vitale, de leurs plans de continuité visant à assurer, dans la durée, la fourniture de biens et de services.»

Reste à mettre du contenu derrière cette phrase. La fiche technique consacrée au problème, en annexe du plan, est encore vierge. Elle est en cours d'élaboration et devrait être publiée dans le courant du mois d'août, après comité interministériel. Effectivement, la question implique différents ministères (en charge de la santé, du travail et de l'économie, notamment) et il est pour l'instant difficile de trouver la personne référente.

Comme l'explique Jean-Michel Guillery, «un plan de continuité grippe aviaire n'est pas une caisse à outils prêts à l'emploi. Il s'agit de définir finement et concrètement les situations pour s'y préparer.» Celles-ci peuvent être très diverses, selon le profil de la pandémie et le profil de l'entreprise.

Un plan de continuité «grippe aviaire» définit comment poursuivre l'activité avec des effectifs et des moyens réduits tout en limitant les risques de contagion au sein de l'entreprise. «Organiser la désorganisation», écrit le député Jean-Marie le Guen (PS) dans son rapport. C'est son aspect médical qui donne sa spécificité au plan grippe aviaire par rapport aux plans de continuité classiques : la «grande peur sanitaire», comme l'explique le docteur Guillery, donne une importance fondamentale à la communication, interne et externe, de l'entreprise, en plus des dispositifs plus classiques (cellule de crise, correspondants spécialisés, définition du personnel indispensable, exercices de simulation…). «Il faut que les salariés aient confiance dans l'entreprise», insiste Jean-Michel Guillery.

Paradoxalement, la plupart des entreprises sont très frileuses à communiquer sur leur plan «grippe aviaire». En revanche, la BNP a diffusé une plaquette en interne et Lafarge explique avoir mis au point un manuel de gestion de crise diffusés dans tout le groupe, décliné selon les situations locales à travers un réseau de 400 correspondants. «Aller dans le détail des situations représente un travail monumental », souligne Béatrice Gaillard, qui a participé à la construction du plan du groupe, «mais au final, la dépense est minime puisqu'on utilise des capacités existantes». Le groupe a toutefois signé un contrat avec un cabinet international pour l'expertise sanitaire.

«Les entreprises ne savent pas trop sur quel pied danser», reconnaît Jean-Michel Guillery, pour expliquer leur discrétion. La publication des consignes gouvernementales pourrait apaiser la situation, si elles répondent à ces incertitudes.




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