Grenoble contre l’élargissement de l’A 480

Le 02 décembre 2015 par Hélène Huteau
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Grenoble, une nouvelle ZAD?
Grenoble, une nouvelle ZAD?

La mairie de Grenoble conteste l’utilité d’élargir l’autoroute urbaine pour résorber le trafic à l’entrée de la ville. 

Le maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle (Europe Ecologie-les Verts) a ménagé ses effets en annonçant par conférence de presse, mardi 1er décembre sur le site de la COP 21, son recours gracieux (administratif) contre le décret du Premier ministre, actant l’élargissement de l’autoroute urbaine A 480 à deux fois trois voies entre Saint-Egrève et Claix, pour 300 millions d’euros.

 

«Ce serait le plus gros projet des 15 dernières années et des 15 prochaines. Est-ce là notre projet?» s’est énervé Eric Piolle.

Manuel Valls, par décret n°2015-1044 du 21 août 2015, a confié à la société Area la concession et l’aménagement des autoroutes A 48 et A 480 entre Saint-Egrève et Claix, sur environ 15 kilomètres. Cette opération se fait dans le cadre d’un plan de relance autoroutier que le maire de Grenoble considère comme «anachronique» et «incohérent», en contradiction avec le schéma de cohérence régionale, ainsi qu’avec la position de la Métropole (PS) qui a réaffirmé son opposition en juillet. Le conseil départemental, tenu par Les Républicains, soutient officiellement ces travaux, dans l’objectif affiché de faire sauter le bouchon d’étranglement à l’entrée de la ville qui voit le trafic stagner aux heures de pointe. Cependant, selon le Dauphine Libéré, les débats sont houleux sur le thème au sein même du conseil de l‘Isère.

 

Un projet intermédiaire vers l’allongement de l’A 51

Pour le maire de Grenoble, comme pour l’ONG environnementale Les Amis de la Terre, le désengorgement de la ville par la construction d’une route à gabarit international n’est qu’une «manœuvre en vue de la poursuite de l’autoroute A 51, avec le captage d’une partie des flux transitant actuellement par la vallée du Rhône», soutient Jean Jonot, du groupe local des Amis de la Terre. Ce projet est dans les cartons depuis le début des années 90 et l’ex-président du conseil départemental André Vallini (PS), actuellement secrétaire d’Etat chargé de la réforme territoriale au gouvernement Valls, l’a soutenu «avec la même énergie qu’il a porté l’élargissement de l’A 480» rapporte Eric Piolle au JDLE. «Nous avons vu l’ombre d’André Vallini dans le décret de Manuel Valls, tellement il est conforme à son projet», ajoute Jean Jonot.

 

La pollution de l’air est déjà préoccupante

Les opposants au projet ont pour argument la pollution atmosphérique qu’entrainerait cet «aspirateur à voitures», tel que le nomme Eric Piolle, dans une zone où habitent les personnes les plus précaires, sur les bords de cette route. En outre, Grenoble dépasse déjà les seuils fixés par l’Union européenne, qui menace la France de sanction pour non-respect des normes sanitaires en matière de qualité de l’air. Pour le maire de Grenoble, l’aménagement de l’échangeur du Rondeau suffirait à fluidifier le trafic, en associant ces travaux au développement des alternatives que sont le train régional, le tram E, le covoiturage et le vélo. Dans cette affaire, la mairie de Grenoble est défendue par l’ex-ministre de l’environnement Corinne Lepage, du cabinet d’avocats Huglo Lepage Associés.

 



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