Grenelle: mesures ambitieuses annoncées en agriculture

Le 25 octobre 2007 par Agnès Ginestet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
pesticides
pesticides

Après une relative pagaille autour des pesticides, au terme de laquelle Nicolas Sarkozy a fixé un objectif de réduction d'utilisation de 50% d'ici 10 ans, des consensus ont été trouvés, ce 25 octobre, sur les OGM, l’agriculture biologique et la biodiversité.

La matinée avait débuté avec une annonce faite par François Veillerette, président du Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), alors que la table ronde n'était pas achevée: selon lui, le ministre d'Etat chargé de l'environnement Jean-Louis Borloo aurait acté un objectif de réduction de moitié de la fréquence d'utilisation des pesticides d'ici 10 ans. La satisfaction a été de courte durée. En effet, le relevé de conclusion officiel parle d'une diminution de 50%, mais sans en préciser l'échéance, et sous réserve de mise au point de méthodes alternatives. «Il y a eu un coup de théâtre: Jean-Louis Borloo est complètement revenu en arrière. On n'a pas avancé d'un iota», a confié Marie-Christine Blandin en sortant de la table ronde. La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) aurait en effet réagi tardivement à l'annonce du ministre, amenant une modification sur les modalités de l'accord.

«Si la première déclaration sur le sujet des pesticides méritait une note de 20/20, on est redescendu à 14/20», a déclaré François Veillerette par la suite. Il s'est cependant montré satisfait qu'un objectif ait été fixé, tout en insistant sur la nécessité d'investir dans la recherche pour développer les méthodes alternatives. Une interdiction des 50 substances les plus dangereuses a par ailleurs été confirmée par Jean-Louis Borloo. De son côté, la FNSEA a accueilli favorablement la deuxième version de l'objectif. «Je rejette les chiffres comme celui de 50% sans que soit précisé comment faire (…) La diminution de 50% n'est possible que si des solutions alternatives existent, le bio étant l'une d'elles», a déclaré Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA.

Un consensus a par ailleurs été trouvé sur les objectifs en matière d'agriculture biologique. La demande de 6% de surfaces utiles agricoles d'ici 2012 du groupe de travail sur l'agriculture a été approuvée, contrairement aux 4% annoncés récemment par le ministre chargé de l'agriculture Michel Barnier. «La profession agricole a accepté le principe que si la demande en bio augmente, il est possible de structurer la filière, de diminuer les coûts et d'arriver à augmenter les surfaces», a indiqué Sébastien Genest, président de France Nature environnement (FNE).

Jean-Louis Borloo a également annoncé un gel des cultures de maïs OGM jusqu'au vote d'une loi prévue «dès janvier 2008», soit avant les prochains semis. «Les gens du lobby font totalement confiance aux parlementaires pour les servir», a ironisé Marie-Christine Blandin. Une Haute autorité indépendante sera mise en place, et les principes de responsabilité, de transparence, de précaution, ainsi que la garantie pour chaque agriculteur de pouvoir cultiver sans OGM devraient figurer dans la loi. Les 20% de bio dans la restauration collective ont également été adoptés.

Enfin, sur le thème de la biodiversité, les acteurs de la table ronde ont retenu l'idée d'une trame verte nationale, qui relie les espaces naturels et facilite la circulation des espèces. «Cet objectif est positif, car il nous donne un cap», a indiqué de son côté Arnaud Gossement, de FNE. Pour Alain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), «c'est un progrès formidable car le vivant est pris en compte».




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus