Grenelle: l'agriculture au cœur des discussions du groupe 4

Le 26 septembre 2007 par Agnès Ginestet
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Produits issus de l'agriculture biologique, biocarburants et pesticides étaient au programme des réunions du groupe «Adopter des modes de production et de consommation durables» qui ont vu s’affronter ONG et agriculteurs.

«Les ONG sont centrées sur l'agriculture. Or il s'agit du Grenelle de l'environnement, pas du Grenelle de l'agriculture. La politique agricole commune (Pac) se négocie à Bruxelles, pas à Paris!», constate Pascal Ferey, président de la commission environnement de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), dénonçant une focalisation des débats sur les produits phytosanitaires et les OGM.

Jean-Paul Doron, membre du groupe 4 et vice-président de l'Union nationale pour la pêche en France (UNPF), estime que «l'agriculture productiviste maintient une position arc-boutée sur les modes de production autres que traditionnels», et Bernard Cressens, du WWF et représentant l'Alliance pour la planète dans le groupe 4, observe qu'«il n'y a de consensus que sur les sujets que l'agrobusiness considère comme marginaux».

L'agriculture biologique et ses produits
Selon un article du Monde du 22 septembre, un objectif de 20% de produits biologiques et à «haute valeur environnementale» dans la restauration collective d'ici 2012 devrait apparaître dans les propositions du groupe. Mais d'après Bernard Cressens, il est à craindre que le terme de «haute valeur environnementale», «inventé lors du Grenelle, ne soit qu'une opération marketing destinée, comme le terme d'agriculture raisonnée, à soi-disant rassurer les consommateurs alors qu'il existe déjà des labels intéressants». Pour Odette Herviaux, membre du groupe et représentant l'Association des régions de France (ARF), «il y a eu un débat fort sur ce qu'est la qualité d'un produit».

Un objectif de 6% de surface consacrée à l'agriculture biologique d'ici 2010 et de 20% d'ici 2020 pourrait également être retenu. «C'est bien, mais il faut y mettre les moyens!», estime Bernard Cressens, estimant que les suggestions de l'Alliance pour la planète n'ont pas suffisamment été prises en compte: «Nous souhaitions un objectif de 100% d'agriculture durable d'ici 2030, que 15% soit biologique d'ici 2012, et 30% d'ici 2020. Attention, il ne s'agit pas d'agriculture raisonnée!». Pascal Ferey a indiqué de son côté que la FNSEA est favorable à ce que l'agriculture biologique soit encouragée.

Pesticides
Diminuer l'utilisation de ces produits devrait figurer dans le rapport du groupe mais, selon Bernard Cressens, aucun objectif chiffré n'a encore été défini. La FNSEA est favorable à une telle mesure, mais à condition que des recherches soient menées sur les biotechnologies, comme les plantes génétiquement modifiées plus résistantes aux maladies. L'Alliance pour la planète appelle de son côté à l'introduction d'une forte taxe sur ces produits les OGM?, comme c'est le cas au Danemark. Le Medef refuse la création de nouvelles taxes.

Biocarburants
Le groupe a proposé que l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) mène une étude sur les différentes filières. D'après Jean-Paul Doron, un relatif consensus s'est dessiné sur cette question, les partis présents admettant qu'un problème de surfaces agricoles disponibles se poserait; par ailleurs, le renforcement des recherches sur les biocarburants de deuxième génération a été évoqué, «sans être sûr que les investissements soient rentables à terme», précise Jean-Paul Doron. Odette Herviaux a précisé que l'ARF souhaitait que soit adopté un programme national sur les différents agrocarburants. «Il faut faire un bilan écologique, car ce n'est pas une bonne chose si leur développement se fait au prix de fortes utilisations de produits phytosanitaires et consommations d'énergie», a-t-elle indiqué.

Autres mesures définies par le groupe
* un objectif de 30% des exploitations nationales autonomes en énergie d'ici 2013;
* un objectif, non chiffré, de conservation de la biodiversité domestique (variétés domestiquées, agricoles, que l'homme a sélectionnées au fil du temps);
* une protection des territoires agricoles et naturels vis-à-vis de l'urbanisation;
* une action forte sur la protection des sols, avec une politique nationale de réhabilitation




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