Greenpeace vise désormais le mix énergétique des entreprises

Le 26 avril 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Jusqu’à présent, Greenpeace classait les entreprises de la hi-tech selon la quantité de produits toxiques contenus par leurs produits. En octobre dernier [JDLE], l’organisation environnementaliste a ainsi publié un guide des produits électroniques verts. Dans cet opuscule, l’ONG classait les producteurs en fonction des efforts réalisés pour rendre télé, téléphones ou ordinateurs plus respectueux de l’environnement et de la santé. A l’époque, Nokia et Sony Ericsson arrivaient en tête du classement, suivis par Philips. La queue de peloton étant constituée de Nintendo, Microsoft et Toshiba.
 
Désormais, la pression mise par l’organisation porte non plus sur la qualité environnementale des produits mais sur l’impact climatique de l’activité des entreprises du secteur des NTIC. Un sujet peu fréquemment abordé. A tort. Car, selon l’étude Smart 2020 publiée en 2008, le secteur contribue, mondialement, à l’émission de 830 millions de tonnes équivalent CO2 par an. A son rythme actuel de développement, cette industrie enverra 1,46 milliard de tonnes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère en 2020.
Dans un rapport publié en fin de semaine passée, Greenpeace passe au crible les impacts carbone des «choix» énergétiques faits par les 10 poids lourds du secteur: Akamai, Amazon, Apple, Facebook, Google, HP, IBM, Microsoft, Twitter et Yahoo. En conjuguant la consommation énergétique estimée des principaux établissements et la composition du mix énergétique des régions où se situent lesdites installations, Greenpeace établit un indice de l’intensité charbon et de l’intensité «énergie propre». Yahoo arrive en tête de ce palmarès. Selon l'ONG, 55,9% de son énergie provient des énergies renouvelables contre 18,3% du charbon. En revanche, Apple apparaît comme une entreprise peu encline à s’investir dans la lutte contre les changements climatiques. Plus de 53% de l’énergie consommée par la firme à la pomme sont d’origine charbonnière. Et les électrons «verts» ne représentent que 6,7% de l’approvisionnement du producteur de l’Ipad.
 
Destiné à frapper les esprits, ce rapport souffre de quelques biais méthodologiques. Dans bien des régions du monde, les clients n’ont pas la possibilité de choisir l’origine de leurs électrons, comme c’est virtuellement possible en Europe et en Amérique du Nord. A moins d’investir dans des panneaux photovoltaïques (insuffisants pour alimenter de telles installations) ou dans des fermes éoliennes, ces entreprises ont peu de prise sur leur mix énergétique. D’autre part, des firmes comme Google ont apposé le secret défense non seulement sur leur consommation d’énergie, ou leurs émissions de GES, mais aussi sur la localisation de leurs data centers. Difficile, dans de telles conditions, d’évaluer leur qualité énergétique.


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