Greenpeace, suite et fin

Le 06 décembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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C’est une véritable pantalonnade pour les services en charge de la protection des sites nucléaires civils. Lundi 5 décembre, des militants de Greenpeace se sont introduits sur les sites des centrales nucléaires de Nogent-sur-seine (Aube) et de Cruas (Ardèche). Rapidement repérés par les agents d’EDF, les premiers ont néanmoins pu escalader l’un des bâtiments réacteurs pour y déployer une banderole. Ces 9 personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue. Remises en liberté, elles seront prochainement déférées devant le tribunal commercial. Pour les seconds, l’aventure s’est poursuivie près d’une quinzaine d’heures. Après l’arrestation de l’équipe nogentaise, Greenpeace avait averti que des militants se trouvaient toujours sur un autre site. Il aura fallu 14 heures aux gendarmes pour les interpeller.

 
L’opération des militants anti-nucléaire posent plusieurs questions. D’abord, celle de la sécurité des sites nucléaires civils français. EDF a beau dire qu’aucun des intrus n’a atteint de partie vitale (ce qui est vrai), il est tout de même troublant que deux équipes puissent ainsi se promener, plusieurs heures durant, dans le périmètre de centrales nucléaires, alors que le niveau du plan Vigipirate est rouge cramoisi depuis plusieurs années.
 
Le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, a d’ailleurs concédé, lundi, que «l'opération menée par Greenpeace révèle des défaillances dans notre dispositif de sécurité, [estimant] que toutes les leçons doivent en être tirées pour que ce dispositif soit encore plus étanche qu'il ne l'est aujourd'hui».
 
Mais le ministère de l’intérieur semble avoir joué un rôle curieux dans cette histoire. Selon nos informations, Greenpeace avait prévenu la place Beauvau du déclenchement imminent de son opération. Pour prévenir toute action de vive force, l’organisation écologiste avait indiqué que son action resterait totalement pacifiste. Problème: les services de Claude Guéant n’ont pas passé la consigne à… EDF. L’électricien a donc pu tester son dispositif de défense. Qui manifestement comporte quelques lacunes.
 
Le ministère de l’intérieur devrait organiser un débriefing «pour que le dispositif soit durci et que de telles intrusions ne puissent plus se produire», a dit le ministre. Le ministre de l'industrie, Eric Besson, a demandé à ses services une enquête approfondie sur l'intrusion, ajoutant que cela signifie qu'il y a eu dysfonctionnements.


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