Greenpeace dénonce la présence de CMR dans les parfums

Le 17 février 2005 par Christine Sévillano
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Depuis près d'une semaine, la polémique est ouverte: les taux de diéthylphtalates (DEP) et de muscs synthétiques contenus dans les parfums testés par Greenpeace sont-ils dangereux? Oui selon l'ONG qui parlent de repro-toxiques. Non d'après les industries de cosmétiques qui estiment respecter la réglementation en vigueur.

Une étude publiée la semaine dernière par Greenpeace fait état de la présence de deux substances chimiques classées cancérogènes, mutagènes et toxique pour la reproduction (CMR). L'organisation non gouvernementale (ONG) a analysé la composition de 32 parfums de renommée internationale par le laboratoire TNO-MEP, hollandais et indépendant. "Un choix justifié pour des raisons de crédibilité et parce qu'il possède les protocoles opératoires adaptés à ces produits", explique Yannick Vicaire, en charge de la campagne "toxiques" à Greenpeace France. L'objectif: trouver les substances chimiques contenues dans ces produits cosmétiques et notamment celles que l'ONG soupçonne, des diéthylphtalates (DEP) et des muscs synthétiques.

Ces deux substances ont donc été découvertes dans presque l'ensemble des parfums. Le DEP est utilisé pour dénaturer l'alcool et ainsi le rendre impropre à la consommation et pour fixer la molécule de parfum sur la peau. Il s'agit d'un phtalate repro-toxique selon certaines études récentes. Moins dangereux que d'autres substances de la famille des phtalates, il aurait tout de même entraîné des dommages sur l'ADN du sperme de mammifères. Des muscs polycycliques et nitrés, servant à donner l'odeur du parfum, sont aussi mis en cause par Greenpeace comme étant des substances pouvant provoquer des perturbations hormonales chez les consommateurs. "Les parfums originaux, que ces muscs synthétiques dégagent, permettent une plus grande créativité et ils sont moins coûteux que les essences naturelles. On en trouve aussi dans les parfums d'ambiance vaporisés dans de nombreux lieux et transports et les effets combinés des différentes molécules sont encore mal connues, cela peut additionner, soustraire, voire multiplier les risques sanitaires", affirme Yannick Vicaire.

Pourtant comme s'en défend la Fédération des industries de la parfumerie (Fip), ce risque de bio-accumulation dans l'environnement a été démenti l'an dernier dans une étude de la Commission pour la protection du milieu marin de l'Atlantique du Nord-Est (OSPAR). Elle indique aussi que les parfums font l'objet de dossiers de sécurité contrôlés par les autorités avant leur mise sur le marché. Le Fip précise que le seuil réglementaire de DEP autorisé est de 15%, et que le parfum testé qui en contient le plus est de 2%. Les diverses limites de muscs ont également été respectées.

"Par cette démonstration, nous voulions recentrer le débat de Reach (Registration, Evaluation and Authorization of Chemicals (1)) sur les risques sanitaires alors qu'il s'est récemment déporté sur les questions économiques et le maintien de l'industrie cosmétique européenne", conclut Yannick Vicaire. Etant donné les études toxicologiques parfois contradictoires existantes sur les substances chimiques, comme l'a prouvé une nouvelle fois cette enquête, il est vraiment temps que les autorités européennes statuent sur Reach.



(1) Reach : nouveau système européen d'enregistrement, d'évaluation et d'autorisation, visant à passer au crible quelque 30 000 substances chimiques afin de vérifier leur degré de toxicité pour l'environnement et la santé.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus