Greenpeace challenge une nouvelle fois la sécurité des centrales nucléaires

Le 15 juillet 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Il est 5 heures, Greenpeace s'éveille au Tricastin.
Il est 5 heures, Greenpeace s'éveille au Tricastin.
Greenpeace France

C’est désormais rituel: chaque année, les militants de Greenpeace envahissent une centrale nucléaire française. Et chaque année, le gouvernement promet de renforcer la défense de ces sites sensibles. Un jeu qui peut durer longtemps?

C’est devenu un match régulier entre EDF et Greenpeace. Ce lundi 15 juillet, à l’aube, une trentaine de militants de l’organisation écologiste ont pénétré dans l’enceinte de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme).

Rapidement, une partie des activistes ont escaladé une structure de chargement en combustible des réacteurs avant d’y déployer une banderole présentant un portrait de François Hollande et sur laquelle était inscrite: «Tricastin accident nucléaire, président de la catastrophe?»

Auparavant, une autre équipe, située sur l’autre rive du Rhône, avait projeté sur l’un des bâtiments de la centrale l’inscription «Tricastin, accident nucléaire». Le tout assorti d’une énorme fissure verte.

Deux heures et demi après l’intrusion, les gendarmes du peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (en charge de la protection des centrales nucléaires depuis 2009) procèdent aux premières interpellations. Les derniers anti-nucléaire seront arrêtés en tout début d’après-midi.

Dès le début de matinée, EDF a rappelé, par voie de communiqué, qu’aucun militant «n’a pénétré dans les zones sensibles» de la centrale.

Pour autant, les services en charge de la sécurité des 19 centrales nucléaires françaises ne sortent pas grandis de l’événement. A chacune de ses tentatives, Greenpeace les met en défaut. Le 2 mai 2012, deux militants sont interpellés après avoir fait atterrir un parapente à moteur sur le site de la centrale nucléaire du Bugey [JDLE].

 Le 5 décembre 2011, plusieurs dizaines de militants s’infiltrent sur une demi-douzaine de sites. Une dizaine de personnes pénètrent finalement dans le périmètre sécurisé de la centrale de Nogent-sur-seine [JDLE].

Une fois de plus, l’Etat va donc tenter de durcir l’arsenal répressif.

En début d’après-midi, un communiqué des ministères de l'intérieur et de l'écologie annonçait que le gouvernement étudie la mise en œuvre de «sanctions pénales plus lourdes» contre les personnes faisant intrusion sur un site nucléaire. «Aujourd’hui en effet, la qualification des faits comme ceux commis ce matin est la violation de propriété privée, ce qui est manifestement inadapté
Le ministère de l’écologie prévoit ainsi de modifier le statut des installations nucléaires. Une évolution qui pourrait être proposée dans le projet de loi sur la transition énergétique.

Le 6 janvier 2012, Claude Géant, alors ministre de l’intérieur, avait annoncé un renforcement des pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie, «afin que la sûreté des centrales soit elle-même garantie dans des conditions d'efficacité optimale». De son côté, EDF s’était engagé à renforcer les 150 kilomètres de clôtures qui défendent ses sites [JDLE].

Manifestement, cela ne suffit toujours pas.



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