Green Deal : les Verts font une contre-proposition

Le 04 décembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Philippe Lamberts n'est pas convaincu par le Green Deal actuel.
Philippe Lamberts n'est pas convaincu par le Green Deal actuel.
VLDT

Le groupe des Verts au parlement européen a présenté, ce 4 décembre, des propositions visant à renforcer le projet de Pacte Vert, porté par la Commission européenne

 

Les critiques pleuvent sur projet de Pacte Vert (Green Deal) que doit officiellement présenter, le 11 décembre, la présidente de la Commission européenne. Les plus fournies viennent, sans surprise, du groupe des Verts au parlement européen (PE). «Avec ce document, on ne sait pas très bien comment on va concrètement atteindre la neutralité carbone», tonne Philippe Lamberts (Belgique) président du groupe.

Grand spécialiste de l’ETS, Bas Eickhout rappelle que, pour le moment, le projet de communication (que vous a présenté le JDLE en avant-première) «n’est qu’une liste de bonnes intentions. La vraie stratégie climat de l’Union européenne a déjà été présentée, il y a deux ans, par la commission Juncker. Depuis, rien n’a progressé», estime l’eurodéputé néerlandais.

Une loi climatique européenne

Pour faire avancer le débat, le groupe écologiste propose sa loi climatique, l’European Climate Law (ECL).

Une semaine après avoir fait adopter une déclaration sur l’urgence climatique au PE, les Verts entendent enfoncer le clou. Dans le projet de texte, qu’ils voudraient légalement contraignant, les écologistes souhaitent porter à 65 % l’objectif de baisse des émissions carbonées communautaires à l’horizon 2030. Pour le moment, le but fixé à cette échéance est une baisse de 40 % «au moins». La présidente de la Commission souhaite le porter à 50, voire 55 %[1].

Neutralité carbone en 2040

Toujours plus fort, les eurodéputés verts proposent d’atteindre la neutralité carbone en 2040 : avec 10 ans d’avance sur les programmes actuellement discutés.

Pour inciter les pays les plus récalcitrants, l’accès au fonds d’adaptation (baptisé fonds pour une transition juste) serait conditionné à l’arrêt de la consommation d’énergies fossiles.

Un budget carbone permettant la stabilisation à 1,5 °C du réchauffement serait mis en place. Budget qui s’appliquerait non seulement aux Etats membres mais aussi aux grands secteurs émetteurs.

Les débats s’annoncent musclés.



[1] Tous ces objectifs se réfèrent à l’année de référence (le point de départ) 1990.