Grands carnivores: un succès européen méconnu

Le 19 décembre 2014 par Romain Loury
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19.000 ours bruns en Europe
19.000 ours bruns en Europe

Les populations de grands carnivores sont globalement en forme en Europe, avec près d’un tiers du territoire en abritant au moins une espèce. Un succès sous-estimé, mais bien réel, de nos politiques de conservation, estiment des chercheurs dans un article publié jeudi 19 décembre par la revue Science.

S’il fallait encore le démontrer, Guillaume Chapron, de l’Université suédoise des sciences agricoles à Riddarhyttan, et ses collègues en apportent la preuve: oui, la cohabitation entre l’homme et les grands carnivores est tout à fait possible. En témoigne l’abondance d’ours, de loups, de lynx et de gloutons en Europe, dont les populations n’ont cessé d’augmenter ces dernières décennies.

Selon les chercheurs, un tiers du sol européen abriterait au moins une de ces quatre espèces. Seuls les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique et le Danemark n’en présentent aucune installée de manière stable. Peut-être plus pour très longtemps, car le loup commence à faire des incursions dans ces deux derniers pays.

Plus de 40.000 grands carnivores

Avec 19 .000 individus estimés dans 23 pays, c’est l’ours brun qui est le plus présent, suivi par le loup (12.000 individus, 28 pays), le lynx (9.000 individus, 22 pays) et le glouton (1.250 individus en Suède, en Norvège et en Finlande).

Quelle que soit l’espèce, «on trouve en Europe plusieurs grandes populations stables de l’ordre de milliers d’individus, de nombreux populations moyennes (de l’ordre de centaines d’individus) mais en hausse, et quelques petites populations en déclin de quelques dizaines d’individus», constatent les chercheurs.

Spécificité européenne, ces espèces résident «dans des territoires dominés par l’homme, très largement en dehors des zones protégées». Dans les territoires occupés par le loup, la densité humaine moyenne est ainsi de 36,7 personnes par km2. Et c’est probablement cette capacité d’adaptation à l’homme, associé à une politique efficace de conservation, qui a sauvé ces animaux sur notre continent.

Un partage efficace du territoire

«Si un modèle de séparation avait été appliqué à l’Europe, il n’y aurait probablement plus de grands carnivores sur le continent, parce que les aires protégées y sont trop petites pour héberger ne serait-ce que quelques unités reproductives»,  expliquent les chercheurs.

Par comparaison, les Etats-Unis et leurs grands espaces préservés comptent deux fois moins de loups sur un territoire deux fois plus vaste que l’Europe et deux fois moins dense.

«Notre étude n’est pas la première à montrer que les  grands carnivores peuvent cohabiter avec l’homme, mais elles révèlent qu’un modèle de partage du territoire peut être efficace à l’échelle d’un continent», ajoutent les chercheurs.

Ce qui n’empêche pas quelques crispations locales dans les pays où ces animaux reviennent après en avoir été exterminés, et qui ne savent plus «s’adapter à cette coexistence». Avec ses tirs de prélèvement et d’effarouchement pour environ 350 loups, la France en livre un parfait exemple.



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