Graisses saturées: un déclencheur de maladies intestinales

Le 20 juin 2012 par Romain Loury
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Bilophila wadsworthia: une bactérie quasi indétectable.
Bilophila wadsworthia: une bactérie quasi indétectable.

Les acides gras saturés pourraient favoriser le risque de maladie inflammatoire chronique de l'intestin (Mici) chez les personnes génétiquement prédisposées, selon une étude publiée dans la revue britannique Nature.

Maladie de Crohn, rectocolite hémorragique: très invalidantes, ces deux Mici sont en forte hausse depuis une cinquantaine d'années. Une évolution que l'équipe d'Eugene Chang, de l'université de Chicago (Illinois), impute au fameux régime «occidental», trop riche en mauvaises graisses, dont celles de type saturé.

La crainte semble fondée, au vu de leur étude menée chez des souris porteuses de mutations du gène IL10, les prédisposant aux Mici. Après 5 semaines d'un régime enrichi en acides gras saturés en graisses, ces animaux étaient environ 60% à développer une de ces maladies, contre 20% des souris contrôles (régimes sans graisses ou riches en acides gras polyinsaturés)

Chez les souris normales, non mutées, aucune différence selon le type de régime: c'est donc bien l'association d'une prédisposition génétique et d'un régime riche en mauvaises graisses -mais ni l'un ni l'autre séparément- qui favorise une Mici.

En cause, l'émergence de Bilophila wadsworthia, bactérie intestinale quasi indétectable à l'état normal. Et ce grâce à la bile, produite afin de mieux digérer certaines graisses comme les saturées, dont la composition soufrée favorise ces bactéries. Bilophila wadsworthia active alors le système immunitaire, mais seulement chez les personnes prédisposées.

Toujours sous l'influence de la bile, la bactérie va produire des composés attaquant la muqueuse intestinale. Ce qui permet l'infiltration de cellules immunitaires activées, endommageant les tissus intestinaux et entraînant une Mici.

Actuellement à l'étude au sein de l'équipe, la piste d'une greffe de flore: il s'agit de «restaurer la flore intestinale de manière qu'elle retrouve une relation saine avec son hôte», commente Eugene Chang dans un communiqué de l'université de Chicago.



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