Golfe : on a retrouvé la marée noire

Le 20 août 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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On la croyait perdue. Elle était sous la surface. La polémique entre les autorités et des chercheurs américains sur le devenir des hydrocarbures relâchés par le puits accidenté de BP est, peut-être, en voie d’extinction. Jeudi 19 août, une équipe de la Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI selon l’acronyme américain) a annoncé la détection d’un panache d’hydrocarbures. Imposant, il est long d’environ 35 kilomètres et large de 2 kms. Epais d’environ 200 mètres, il navigue doucement à une profondeur voisine de -1.100 m. Ce n’est pas la première fois qu’une telle découverte est faite. Au mois de mai dernier, des océanographes de l’université de Géorgie avaient annoncé avoir aperçu de semblables « plumes ».

Mais contrairement à ces simples observations - violemment mises en doute à l’époque par BP et par les autorités américaines -, les résultats de WHOI sont les premières analyses publiées dans une revue scientifique à comité de lecture (Science du 20 août). Elles seront donc plus difficiles à critiquer par ceux qui ont intérêt à minimiser les conséquences de la marée noire.

Autre différence : les chercheurs de la WHOI ont longuement observé et analysé les mystérieuses nappes durant une campagne réalisée entre les 19 et 28 juin à bord du navire océanographique Endeavor. Grâce aux équipements de mesure et notamment au spectromètre de masse, embarqués à bord d’un sous-marin autonome, ils ont réalisé des milliers d’analyses pour caractériser le pétrole, ses composants, ainsi que la concentration d’oxygène dans l’eau.

Sans le moindre doute, les océanographes de WHOI affirment qu’il s’agit de bien du brut provenant du puits MC252 et non d’un quelconque suintement naturel. Autre certitude, les nuages contiennent des quantités appréciables d’hydrocarbures aromatiques, et notamment de benzène, toluène, éthylbenzène et xylène. Des composés organiques volatils qui s’évaporent habituellement très vite lorsque le pétrole se retrouve en surface. Pour autant, les chercheurs n’ont pu déterminer la toxicité réelle du panache. Tout aussi problématique : le pétrole de BP n’est pas facilement dégradé par les micro-organismes marins. En 5 jours d’observations en continu, le volume d’hydrocarbures n’avait pratiquement pas diminué. Le panache, à supposer qu’il n’y en ait qu’un seul, ne disparaîtra que très lentement. Seule bonne nouvelle, les océanographes n’ont pas observé de zones anoxiques, comme l’avaient craint certaine scientifiques.

 



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