God save the Air

Le 29 mars 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Au Royaume-Uni, le fond de l’air effraie. Publié en début de semaine dernière, un rapport parlementaire établit un constat très inquiétant de certains niveaux de pollution atmosphérique. Selon le Comité de l’audit environnemental de la Chambre des communes (CAM), l’air ambiant de Londres et de son agglomération est le plus lourdement chargé en particules fines (PM10) et en dioxyde d’azote de toute l’Europe.

Autre puissant irritant du système respiratoire, l’ozone voit sa concentration régulièrement progresser dans les basses couches de l’atmosphère du Royaume. Au total, estiment plusieurs études citées par le rapport du CAM, ces pollutions, imputables à l’industrie et aux transports, accélèrent le trépas de 50.000 Britanniques par an. Autant que les accidents de la route ou le tabagisme passif!

Le tout pour un coût pouvant s’élever jusqu’à 20 milliards de livres par an (22 milliards d’euros). Une facture dont le montant est d’ailleurs très sous-estimé. Dans ce macabre calcul, seule la morbidité est prise en compte. Or, rappelle le rapport des députés, lors d’épisodes de pollution durant l’année 2008-2009, les hôpitaux du National Health Service ont accueilli plus de 90.000 personnes, victimes de graves crises d’asthme.

Pour résumer, 90% de la population d’Albion est exposée à des concentrations de polluants atmosphériques supérieures aux recommandations faites par l’Organisation mondiale pour la santé. Mais les choses pourraient ne pas en rester là.

Le 10 décembre dernier, la Commission européenne a refusé d’accorder un délai au Grand Londres pour se conformer à la législation communautaire sur la qualité de l’air.

Cette législation fixe des valeurs-limites contraignantes et/ou des valeurs-cibles indicatives pour les concentrations admissibles de certains polluants dans l’atmosphère. Lorsqu’il existe un risque que les valeurs-limites soient dépassées, il y a lieu de prendre des mesures de réduction de la pollution dans le cadre d’un plan relatif à la qualité de l’air.

En matière de qualité de l’air, deux valeurs-limites contraignantes, basées sur les concentrations journalières et annuelles moyennes, ont été fixées pour les particules. Elles sont entrées en vigueur le 1er janvier 2005. Pour ce qui est du dioxyde d’azote, deux valeurs-limites, basées sur les concentrations journalières et annuelles moyennes, entreront en vigueur le 1er janvier 2010.

La directive de 2008 sur la qualité de l’air permet aux Etats membres, dans des conditions strictement définies, de bénéficier d’un délai supplémentaire pour respecter les normes de qualité de l’air; ce délai s’étend jusqu’au 11 juin 2011 pour les PM 10 et jusqu’en 2015 au plus tard pour le NO2 et le benzène. Durant la période de prorogation du délai, les valeurs-limites continuent à s’appliquer, augmentées de la marge de dépassement.
La décision de décembre pourrait être lourde de conséquences pour le Royaume-Uni. Faute de réaction rapide du gouvernement britannique et du maire de Londres, Boris Johnson, la Commission pourrait engager une procédure judiciaire contre le Royaume-Uni. En théorie, l’amende encourue par Londres pourrait s’élever à plus de 335 millions €.



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