GNV: ultime étape avant l'industrialisation?

Le 19 novembre 2004 par Claire Avignon
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GNV
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Jeudi 18 novembre, l'Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie (Ademe) a annoncé au salon des maires et des collectivités territoriales la création de six "sites pilotes gaz naturel pour véhicules" (GNV). Le but est de diversifier les véhicules GNV pour l'essentiel aujourd'hui des bus et des bennes à ordures ménagères (BOM).

Les acteurs français du GNV souhaitent élargir le marché du carburant alternatif grâce aux collectivités territoriales. L'Ademe, l'association française du GNV (AFGNV), le groupement des autorités responsables de transport (GART), et Gaz de France proposent pour cela à des sites pilotes des références techniques et économiques. Les premiers sites retenus sont Bourges, Colmar, Montpellier, Orsay, Poitiers et Strasbourg. D'autres villes devraient rejoindre le projet puisque l'objectif final est d'équiper 10 sites. «Nous voulons arriver à une échelle représentative pour estimer la viabilité de l'utilisation du GNV», explique Michèle Pappalardo, présidente de l'Ademe.

Selon les prévisions, les six villes devraient acquérir dans les deux ans 100 bus, 10 BOM, 10 véhicules de transport de marchandises inférieurs à 3,5 tonnes et 110 véhicules légers pour agents municipaux, artisans, entreprises privées et particuliers. Ce projet devrait aussi permettre d'optimiser et d'agrandir le réseau de stations de compression, toujours très «léger» selon Pascal Zanetta, directeur du projet GNV à Gaz de France. L'Ademe a profité de l'opération pour rappeler les diverses incitations fiscales mises en place. L'agence finance à hauteur de 7.500 euros toute acquisition de bus ou bennes à ordure. Les véhicules de transport de marchandises peuvent obtenir un financement de 30% du surcoût de l'équipement. Enfin, une aide de 1.500 euros est versée à l'acquisition d'une voiture particulière ou véhicule de collectivité et entreprises privées. En outre, la filiale GNVert de Gaz de France proposera ses services pour la gestion technique et financière ainsi qu'un prix de carburant maximum de 0,69 euro toutes taxes comprises le normo-mètre cube (mètre cube aux conditions de pression et de température normalisées).

Les collectivités concernées ont déjà acquis depuis plusieurs années une flotte de bus et BOM fonctionnant au GNV. La plupart des villes ont rencontré des difficultés techniques, «qui sont en train de se régler», assure Roland Chamiot, le maire de Bourges. Mais les avantages de l'utilisation du GNV en ville – diminution des émissions de polluants et des nuisances sonores – les convainquent de continuer à développer leur flotte. D'ailleurs, «l'industrialisation des véhicules fonctionnant au GNV est en bonne voie», assure Pascal Zanetta qui rappelle la sortie l'année prochaine d'une Citroën C3 à bicarburation essence-GNV, la mise en place d'un système d'approvisionnement au GNV à domicile par Gaz de France et celle progressive d'un réseau de distribution par Carrefour. Il rappelle le but  «optimiste mais réaliste» de la Commission européenne d'atteindre 10% du parc total des véhicules d'ici 2020. Pourtant des interrogations restent sur la pénétration du secteur des voitures particulières. L'opération pilote est en partie conçue comme une vitrine qui doit montrer les qualités du GNV aux particuliers. Mais les contraintes économiques et techniques telles que la nécessité de développer une nouvelle motorisation à grande échelle et un réseau solide de distribution du GNV restent des freins importants.




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